Humanité en détresse

Publié le par Fred

Arche est le deuxième tome d'un diptyque de Science-Fiction écrit par Stephen Baxter.

Le premier tome, Déluge, nous raconte l'histoire de la fin du monde tel que nous le connaissons le jour où des scientifique découvrent que la montée des océans s'accentue à un rythme alarmant. En moins de vingt ans, tout est condamné à être submergé sous des kilomètre d'eau. Passé ce postulat qui m'avait fait très peur quant à la crédibilité de l'oeuvre, j'ai quand même suivi les conseils qu'on m'a donné et je me suis lancé dans Arche qui reprend l'histoire d'un autre point de vue vers la  fin du premier.

Je n'ai lu que le tome 1 après le tome 2 et cela ne m'a pas dérangé le moins du monde. En fait comme je trouve Arche bien meilleur et moins répétitif je vous conseille de faire de même.

En bref : face au cataclysme imminent, Arche raconte la création en urgence d'un vaisseau destiné à sauver une infime fraction de l'humanité en l'envoyant à la recherche d'un monde viable. Il y aura d'abord la question de la formation de ces rares élus, puis des choix cornéliens pour venir à bout du vieux rêve humain d'aller dans l'espace. Le tout en un temps record... avant de se retrouver au bazar indescriptible qu'est la vie d'une communauté en espace restreint après un traumatisme psychologique énorme et une responsabilité allant de pair.

L'histoire se divise en 2 grandes parties, radicalement différentes.
Dans la première, de riches milliardaires, et plus tard le gouvernement des Etats unis lancent un projet monumental pour garantir la survie de l'espèce humaine : lancer cette fameuse et gigantesque Arche dans l'espace. D'abord peu pris au sérieux par à peu près tout le monde, le projet prend une toute autre envergure quand il devient évident que la fin du monde se rapproche à grand pas. Des millions de gens sont délocalisés loin des zones basses, le gouvernement se radicalise pour pallier à la crise, les forces armées obtiennent progressivement les pleins pouvoir pour faire régner l'ordre tandis que le projet Nemrod démarre.

Nous suivons donc l'histoire de quelques jeunes filles et fils de riches, placés auprès des meilleurs professeurs pour s'entraîner et devenir des génies de physique, d'astronomie, d’ingénierie, aptes à survivre dans l'espace, puis sur le nouveau monde. Comme on pouvait s'y attendre, ces gosses pourris gâtés développent une maturité bancale tant ils sont avancés sur certains points et à la traîne sur d'autres. Les pressions sont énormes, et le risque de se faire rejeter du projet (et donc de mourir à moyenne échéance) est un stimulateur puissant : la compétition est impitoyable.
Deux choses m'ont surpris dans cette partie : premièrement le comportement des gens, qui va de l'indifférence froide et calculatrice, en passant par le désespoir, l'envie, le détachement, et une bonne dose d'horreur.
Ensuite le fait que l'auteur a poussé le détail dans certaines facettes de l'entrainement à un point étonnant. Des cours de survie sont incroyablement horribles dans leur froideur clinique.


Je passerais rapidement sur le bon vieux "US save the world", dans cette crise mondiale, seuls les ricains méritent de s'en sortir, les autres sont à peine mentionnés.

On attaque alors la deuxième partie : le voyage spatial à proprement parler !
Rien ne se passe comme prévu, depuis le décollage catastrophique, les sacrifices consentis, le trajet... tout est sujet de crise. Quand autant de personnes vivent dans une boite de conserve volante, pendant des années, après avoir absolument TOUT abandonné derrière soi, il y a de quoi stresser. Certains virent dans la folie pure et simple à notre grand (et honteux) régal de lecteur. Comme l'équipage est constitué à moitié de fous ambitieux, accro au pouvoir, dopé à la concurrence, et que l'autre est, aux choix, surnuméraire ou violente, survivre fait des étincelles !
Des choix doivent être fait, des crimes punis, d'autres ignorés dans une si petite communauté. L'intérêt du vaisseau avant tout, quel qu'en soit le prix. Il faut dire que le voyage s'éternise, et bientôt plusieurs générations vont se côtoyer. Les plus jeunes, nés dans l'espace peinant même à croire à l'existence d'une Terre.

L'aspect scientifique est longuement abordé, avec (étonnamment) beaucoup de théories physiques réelles (et d'autres romancées) qui contribuent énormément à l'immersion. Quand pour dire bonjour au voisin il faut passer par un scaphandre et 2 heures de conditionnement, ça marque !
Des choix, bons et mauvais, des génies, des fous (furieux et philosophiquement dangereux), des braves et des égoïstes, mais tous partageant la même volonté de survivre.

Dans ce roman surprenant, la Terre sera noyée sous l'eau du ciel, et l'humanité des personnage plongera elle aussi, dans le sang, les larmes et la peur dans cet huis-clos comme vous n'en avez jamais lu !

Publié dans SF, Favoris

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