La Stratégie d'Ender

Publié le par Fred

La Stratégie d'Ender est le premier tome du Cycle d'Ender, un roman de Science-Fiction écrit par Orson Scott Card, depuis adapté en film au cinéma (plus ou moins bien...).

En bref : la Terre au XXIII ième siècle, se remet difficilement d'un événement exceptionnellement mortel arrivé voilà vingt ans. La première rencontre extra-terrestre, rien que cela. Les Doryphores comme on les appelle ont livré une guerre sanglante à l'humanité, une guerre qu'ils n'ont perdu que de justesse et aux prix d'immenses sacrifices. Ender fait partie d'une génération d'enfants spéciaux, recruté dès leur plus jeune âge en fonction de leurs capacité pour en faire de super stratèges. Il s'agit de les former vite : avant que les Doryphores reviennent finir le travail qu'ils ont commencé...

 

L'histoire commence avec le petit Ender, 6 ans, surveillé constamment par des caméras et capteurs qu'on lui impose, que ce soit à l'école ou avec sa famille. Il fait partie d'un programme de sélection très rude visant à reconnaître des génies dès le plus jeune âge pour en faire des stratèges impitoyables. En fait il est même le troisième essai dans sa famille de parvenir à la perfection. Son frère et sa soeur également surdoués ont échoués avant lui. Peter était doué, mais beaucoup trop instable et violent pour être contrôlé, et Valérie elle n'avait pas la froideur émotionnelle efficace qu'on attendait d'elle. 

Très vite, Ender apparaît comme un "juste milieu" entre les deux, prometteur il sera testé. Impitoyablement. Sa vie, ses amis et même sa famille seront autant de mises en situation, de tests, de problèmes qu'on lui imposera sans cesse. Cadet propulsé en un temps record à l'académie de la flotte spatiale, il va devoir faire ses preuves, et même révolutionner le système s'il compte réussir l'impossible.

Somme toute un scénario assez classique, d'épreuves imposées à un néophyte (ici particulièrement jeune) et qualifié quasiment d'élu sur lequel reposent tous les espoirs de l'humanité. S'agit-il encore d'une de ces histoires de gueguerre avec des E.T totalement inintéressante ?

Et bien non ! Ne regardez pas le film, s'il vous plait, car lui c'est le seul coté qu'il a gardé du bouquin pour un résultat déplorable. Tout d'abord à cause du décalage que l'on impose aux personnages. Principalement des enfants, la pression énorme qu'on leur fait subir parait d'autant plus impressionnante, et malgré leur force de caractère, ils craquent, paniquent, crient, boudent même parfois. Le coté psychologique de l'oeuvre est très bien rendu et c'est ce qui nous permet d'avoir de l'empathie pour Ender et ses condisciples, qui seraient autrement insupportables par leur supériorité intellectuelle.

Autre point fort du livre : la gestion des conflits. Non pas militaires (ceux-ci sont principalement abordés sous forme de jeux ludiques très compétitifs), mais entre humains. La fratrie Ender, Valérie, Peter est particulièrement bien mené. Les amitiés et rivalités qu'Ender va lier sont également bien tournées, jouant la carte de la difficulté extrème qui rapproche les individus.

Enfin, dernière qualité pour moi, ce livre a le mérite de nous préparer à la Voix des Morts, deuxième et encore meilleur tome de la saga.

Le récit souffre évidemment de quelques défauts. le style est parfois peu subtil pour glorifier ses personnages principaux, et la fin reste prédictible (sauf les deux dernière pages, mais ça, c'est à cause de la suite). Cependant ce sont des défauts que l'on peut facilement pardonner pour un premier roman, et la suite les verra rapidement corrigés.

 

Publié dans SF, Card

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