Une fausse âme ou la mort ?

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L'âme de l'Empereur est un très court roman (moins de 200 pages) écrit par Brandon Sanderson. Une fois n'est pas coutume, il s'agit d'un roman isolé n'appartenant pas à un cycle. Et une fois n'est pas coutume j'ai adoré !

En bref : Dans un univers parallèle plongé dans la culture Est-asiatique d'il y a quelques siècles, une jeune femme doit façonner à l'aide d'une magie très particulière une âme factice... pour l'empereur. Au milieu des complots et du problème moral qu'elle peut avoir à jouer à dieu, l'héroïne devra apprendre tout ce qu'elle peut sur le tyran pour fabriquer cette fausse âme. Le tout en urgence et sous surveillance constante. Si elle échoue, l'Empire court à la ruine, et elle à la potence. Si elle réussit, sa mort risque d'être le meilleur moyen de garder son secret...

Shai est une voleuse et une Forgeuse : grâce à une magie très précise elle est capable d'imprimer son sceau sur des objets pour modifier leur apparence et leur nature même. Une vieille table en bois transformée en oeuvre d'art, une fenêtre cassé qui se transforme en magnifique vitraux... rien ne semble être hors de sa portée.

A la suite d'un coup qui tourne mal, Shai est capturée. Elle attend son exécution quand on vient lui proposer un contrat impossible : modeler une copie de l'âme de l'Empereur. Celui-ci est devenu un légume vivant suite à une tentative d'assassinat. Si Shai échoue dans la mission, l'Empereur sera destitué, tout comme l'élite politique qui veut à tout prix conserver son pouvoir !

Mais créer une âme artificielle n'est pas de tout repos : durant les quelques mois qui lui sont accordée, Shai va devoir se renseigner sur tous les détails, les goûts et les particularités de l'Empereur afin de faire une copie raisonnablement exacte. Le tout évidemment sous surveillance constante et sans libertés de mouvement. Et en ayant à l'esprit qu'elle est un potentiel témoin gênant de ce sacrilège...

J'ai adoré l'âme de l'empereur pour un certain nombre de raisons. Tout d'abord le livre se dévore : il est très court, mais aussi épuré dans le contenu. Les éléments s’emboîtent parfaitement, les dialogues sont savoureux entre Shai et ses geôliers. Une fois de plus Sanderson a su trouver un nouveau système magique avec ses lois propres et ses conséquences parfois surprenantes. Pas de spectaculaires boules de feu ici ou de combats titanesques, il suffit "simplement" de modeler une âme humaine.

Sanderson dit avoir écrit ce livre sous l'influence d'un voyage qu'il a fait en Corée, aussi on ressent une petite touche dépaysantes pour nous autres occidentaux. Enfin, la mise en abîme concernant le Façonnage est très intéressante, puisqu'un bon auteur doit se renseigner de la même façon sur son sujet pour bâtir une histoire crédible et intéressante. Cette petite touche personnelle qui rappelle les difficultés inhérentes à la pratique de l'écriture à ému l'écrivain raté qui sommeille en moi, confronté aux mêmes problèmes.

Publié dans Fantasy, Sanderson

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