Vive la révolution !

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En Bref : Une saga épique d'une envergure de quatre mille page, avec des personnages géniaux et tourmentés, tentant de surnager dans un Empire maléfique... aux commande de l'élu d'une prophétie qui après avoir sauvé le monde a passé le millénaire suivant a le tyranniser. L'histoire du cambriolage le plus mal barré de tous les univers fantastiques...

Brandon Sanderson est peut être l'un de mes auteurs favoris, et sa saga L'Empire Ultime est un très bon exemple du pourquoi !

J'ai lu des dizai... centaines de bouquins du genre (je sais... je suis resté très jeune intérieurement, la littérature qui fait rêver nourrit mon âme simple d'enfant immature, je vous ZUT). Le problème c'est qu'au bout d'un moment on commence assez vite à se lasser de la magie qui n'a plus rien de nouveau. On rempile toujours avec une quête initiatique routinière, quelques personnages clefs et une histoire rocambolesque. Le tout tiens plus ou moins ensemble avec l'excuse habituelle "c'est parce que c'est magique". Or Sanderson prend un malin plaisir à nous faire découvrir un système différent de magie dans chacun de ces cycles ou stand alone, ce qui est rafraîchissant. Cette magie, est toujours bien intégrée à son histoire et donne un sens à tout son univers.

Mais venons en à l'histoire : le Seigneur Maître domine virtuellement le monde. Autrefois le héros d'une prophétie, il s'est instauré depuis mille ans comme un dieu vivant dans un empire bien sombre. La cendre tombe constamment en son centre, aussi n'espérez pas voir la moindre plante verte (même en pot à l'intérieur). Accessoirement un rude système des castes distingue la noblesse de la populace qui en prend pour son matricule (ils n'avaient cas pas naître inférieurs, c'est de leur faute). Jusque ici, rien que de très classique. Sauf que la noblesse tiens son ascendance des anciens alliés du Seigneur Maître, qui pour les récompenser en a fait de puissants allomanciens. Des générations après ces pouvoirs persistent encore et permettent toujours de dompter les pécores pas contents.

L'allomacie en gros, c'est la capacité d'ingérer certains métaux et de les consommer en soi en échange de certains avantages : force accrue, sens aiguisés, capacité de manipuler les objets métalliques à distances, influencer les gens, etc... La plupart des nobles ne contrôlent qu'un seul pouvoir, mais quelques individus exceptionnels les contrôlent tous : ceux sont des fils des brumes (ou filles, le bon fanboy que je suis n'oublie pas notre petite Vin qui sera notre héroïne ici), ces nobles sont généralement embauché par leur famille pour des... négociations musclées, dirons-nous.

Les nobles ont donc un certain contrôle magique, mais pour contrôler sa société le Seigneur Maître à également employé des Inquisiteurs, qui sont (littéralement) des monstres humains avec des pieux en métal de 30cm à la place des yeux. Ai-je besoin de préciser : pas commodes du tout avec les rebelles ! Tout ce joli petit monde forme une société assez bancale prête à exploser à la moindre provocation.

Car il s'agit ici de l'histoire d'une rébellion, menée par un survivant au charisme n'ayant pour égal que son ego, Kelsier,  ainsi que sa bande de canailles organisé, spécialistes en cambriolages et arnaques en tout genre, et Vin une jeune fille issue d'un milieu de voleur/mendiants qui, timide et innocente nous servira de point de vue pour découvrir la société de l'Empire Ultime.

Pour ceux qu'effraie d'idée d'une quadrilogie de près de mille pages l'unité, sachez que le premier tome bien qu'ouvrant évidemment la suite du cycle fournit une quasi fin de l'intrigue initiale. D'une façon ou d'une autre la situation sera réglée dans ce premier tome. Libre ensuite à vous d'enchaîner comme je l'ai fait pour les autres qui reprennent là ou l'histoire s'était "finie".

Ce que j'ai adoré dans ce premier tome c'est dans un premier temps les personnages, notamment Kelsier et Vin (évidemment), avec leurs qualités mais aussi leurs nombreux défauts. Ils sont hauts en couleur, ont un passé intriguant qui se dévoile petit à petit et évoluent sans cesse fasse aux difficultés que représente le cambriolage d'un dieu.

Je suis fan des bouquins qui me décrivent par le menu une culture différente de la mienne, surtout quand elle est aussi intense qu'ici. Le gouvernement, les institutions, tout s'organise et s'imbrique parfaitement dans une société tyrannique bien huilée. Gros coup de cœur pour les Inquisiteurs, ces horreurs vivantes qui font des opposants de taille. Dans un genre radicalement différent, ce sont un peu les Nazgul de l'Empire Ultime : quand on les voit débarquer, on sait avec certitude qu'on est dans le pétrin.

Je ne rentre pas plus en avant dans le détail, mais il y aura aussi des impostures, des comptables tatoués fanatisé, des intendants vendeurs de religions à la petite semaine, des tas de morts de méchants (et de gentils), une bonne dose de politique, de la désinformation (je me répète, j'ai déjà dit "politique"), des prophéties pas comme les autres, un journal intime du Seigneur Maitre, un polymorphe et quelques personnages fous. Voilà, si avec tout ça vous n'avez pas la curiosité de le lire c'est que vous êtes un parpaing sans imagination ni rêves !

Alors que moi j'ai été un bon parpaing curieux en comparaison, et j'ai pas regretté le moins du monde !

Publié dans Fantasy, Sanderson, Favoris

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