Germinal

Publié le par Fred

Aujourd'hui on parle de Germinal, d'Émile Zola, un classique de la littérature française

Le style d'écriture maintenant un peu archaïque peut rebuter les jeunes lecteurs (particulièrement s'il s'agit d'une lecture scolaire forcée), cependant Germinal mérite dans l'ensemble le coup d'œil malgré  ses défauts.

En bref : à une période et dans un lieu où la prospection et le traitement du charbon fait vivre tant bien que mal les plus basses couches de la société pour le plus grand profit des propriétaires aisés et bourgeois, Germinal narre la révolte de quelques individus contre le système. Ils vivent difficilement, et la grève ne fera que diminuer encore leurs conditions de vie, et leur condition humaine tout court. Etienne Lantier qui a initié la grève trouve refuge dans la famille Maheu qui en a vue de dure. Du grand père qui a déjà failli mourir trois fois dans la mine, de son fils Toussain un mineur courageux qui arrive à peine à joindre les deux bouts en passant par sa femme la Maheude et sa force de volonté et Catherine sa fille dont Lantier tombe amoureux... Toutes les générations sont représentées, et toutes souffrent de l'exploitation inhumaine dont ils sont victimes.

Si une chose m'a marquée dans ce livre, c'est la faim omniprésente, suivie de très près par la crasse persistante du charbon, noircissant tout d'abord le corps des travailleurs pour obscurcir finalement tout espoir en eux après des années de labeur à la mine.

Les personnages avec leurs qualités et leur défauts sont plutôt bien construit, même si on regrettera de nos jours le coté creux de la quasi-totalité des femmes du récit. Celles-ci se cantonnent aux rôles de bourgeoises superficielles, victimes courageuses, ou amantes, délaissant les rôles actifs.

Zola à fait parait-il un travaille de recherche considérable pour dépeindre les mœurs des travailleurs et leurs conditions de travail. Il nous dessine ici un monde peinant à la tâche tandis que la bourgeoisie engraisse. Finalement la goutte d'eau fait déborder le vase et la violence explose, rabaissant de nombreux hommes au stade de quasi-bêtes (thème récurrent chez Zola).

Le gros reproche que je fais à Germinal, c'est sa longueur. Non pas qu'il ne se passe rien, mais franchement ce pavé littéraire aurait gagné à être raccourci en tronquant les trop nombreuses répétitions. Certes, appuyer régulièrement là où ça fait mal permet de bien planter le contexte, mais là il faudrait être obtus pour ne pas comprendre où il veut en venir... On peut résumer les choses ainsi :


Il y a d'abord l'arrivée d'un nouveau venu à la mine, qui sert à nous introduire tout le contexte minier. Suivent des explications sur le travail à la mine éprouvant, le maigre salaire, la survie familiale/communautaire problématique. La faim. Appel à la grève. Phases plus ou moins violentes de grèves, révoltes. Faim et souffrances des personnages. Grève brisées, les travailleurs retournent à la mine en désespoir de cause. La faim toujours présente et les conditions de travail sont encore pires. Le tout intercalé de quelques passages sur la bourgeoisie pour accentuer le contraste, et d'une histoire d'amour pour ne pas que le lecteur déprime trop. Et de bonne descriptions de la crasse ambiante... et de la faim.

Publié dans Divers

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