L'Épée de Vérité tome 1

Publié le par Fred

La Première Leçon du Sorcier est le premier tome de la saga l'Épée de Vérité. Une bonne saga d'héroïc fantasy dans l'ensemble, et en tout cas un très bon premier tome qui mérite qu'on le lise.

En bref : il y a vingt ans, le monde a été littéralement séparé en trois par de puissantes barrières magiques. D'un côté on trouve l'Empire D'Haran gouverné par le seigneur Darken Rahl, un puissant sorcier avide de vengeance. Les Contrées du Milieu sont un agglomérat de petits royaumes et de villages divisés mais plus ou moins en paix. Enfin il y a Hartland un pays pacifique et campagnard où ont été relégués tous ceux qui ne voulaient rien avoir à faire avec la magie. C'est ici que vit Richard notre futur héros, même si initialement il n'est qu'un garde forestier ignorant. Et puis un jour les barrières magiques s'effondrent et Kahlan une mystérieuse jeune femme débarque à Hartland poursuivie par des sbires de D'Haran. Elle recherche le puissant sorcier Zeddicus Zul Zorander pour qu'il désigne un nouveau Sourcier : un individu capable de brandir l'Épée de Vérité et d'apporter la justice en affrontant le terrible Darken Rahl. Il s'avère rapidement que Zed, le grand-père de Richard est le fameux sorcier incognito. Et du coup devinez à qui va échoir le poste prestigieux mais suicidaire de Sourcier...

Tout d'abord je dois dire que l'histoire est bien ficelée, et avec un grand nombre de rebondissements en prime, certains à des moments vraiment incongrus.
A tout ceux qui geignent qu'il n'y a rien de véritablement neuf sous le soleil, et que la trame est cousue de fil blanc (surtout la partie amoureuse), je dirai ceci : A moins d'avoir une histoire totalement imprédictible nous plongeant constamment dans la stupéfaction, il est très très difficile de se sortir totalement des bases classiques du genre. Donc, oui, au début notre héros est l'un de ces pécore que l'on rencontre si souvent, oui, il ignore quasiment tout du monde et doit donc apprendre en même temps que nous, et oui, il va tomber amoureux de la première femme dont le livre nous parle. MAIS malgré tout de nombreux personnages intéressant font leur apparition, et l'univers magique est particulièrement bien développé. Je ne me rappelle rien d'aussi proche dans la douleur et l'horreur que sont les terribles les Mord Sith, qui sont des personnages géniaux selon moi dans tout le cycle. Et accessoirement une force contrebalançant les puissants sorciers qu'elles sont chargées de traquer  et de torturer. Oui, comme le reste de la série La Première Leçon du Sorcier se veut un univers violent et où nos héros peinent à survivre. Particulièrement dans ce tome !

Du coté positif, on dénombre : des personnages héroïques à souhait, des méchants haïssables (Darken Rahl, ses fidèles Mord Sith...), une flopée de personnages secondaires intriguant ou attachant, des cultures aussi étranges et incompréhensibles que bien décrites, et une excellente apothéose qui, selon moi, peut très bien servir de "fin" si vous n'avez pas le courage de lire tout le cycle.

Bien sûr, j'ai quand même des reproches à faire à l'œuvre qui n'est pas parfaite. 


Tout d'abord, le livre est un chouilla long à démarrer. On pourrait arguer comme je l'ai fait pour d'autres cycles que cela se justifie par l'ampleur de la saga mais ce ne serait pas vrai ici. L'auteur démarre quand même sur trois pages de description d'une fougère ! Si l'action intervient rapidement après cela, il y avait quand même moyen de mieux démarrer.

Ensuite le monde de Goodkind est vraiment Richard-centriste. Ce n'est pas encore très apparent maintenant, mais de manière générale, Richard est le plus beau, le plus fort, éminemment intelligent, philosophe à ses heures perdues, vertueux à l'excès, et il aura toujours, toujours raison. C'est même frustrant parfois de voir des "sages" réviser toute leur opinion sur un point philosophique, technique ou sur eux-même après 2 arguments avancés par Richard. En effet même si celui-ci n'a pas la connaissance absolue (ouf !), ses intuitions tiennent toujours du génie.
Bon, d'accord il est le résultat d'une prophétie attendue depuis bien longtemps et il est bien épaulé par des personnages exceptionnels sur bien des plans (comme Zed et Kahlan et leurs pouvoirs conséquents) mais... La quasi-perfection du personnage fini par annihiler toute empathie. Heureusement, une fois encore ce n'est pas trop le cas dans ce premier tome, un des meilleurs de la saga avec le tome VIII selon moi (d'autres critiques du cycle suivrons).

Ensuite, si je n'ai rien contre de la romance, le couple Richard-Kahlan est certes adorable un temps, mais là encore on pourra reprocher la quantité de passages mièvres digne des rouages de Cinquante nuances de BDSM (et là je m'attend à me faire lyncher par des fangirls en furie). De la romance, pourquoi pas, un excès de paillettes roses fuchsia non. Bon en tout cas, dans leur histoire le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a du dramatique. Et moi j'aime le drama (vous n'avez pas encore compris, à force ? Vous en faites pas, je compte le rappeler régulièrement !).

Niveau du style de l'écriture, globalement il m'a plu, même si comme à l'habitude on y a perdu un peu à la traduction. Evidemment beaucoup de descriptions, mais passé un temps si vous n'aimez pas cela il vous faudra vous orienter vers d'autres auteurs (notamment Adams ou Vance). Elles contribuent en tout cas grandement à la crédibilité d'un univers, avec de nombreuses factions, croyances, cultures et façons de penser différentes. Néanmoins la naïveté prêtée à certains personnages fait parfois peur. Les Sorciers et Magiciennes sont souvent bien ignares sur le comportement humain, n'ayant visiblement pas compris comment agissaient les gens normaux, pour leur plus grand malheur...

Je détaillerai un peu plus certains autres livres du cycle, mais globalement ces commentaires valent pour tous les livres, indépendamment de l'histoire. Si la longueur vous fait peur, ce livre est lisible indépendamment des autres grâce à une fin bien tournée qui ne vous laissera pas sur votre faim (oui, j'ai osé faire ce jeu de mots éculé, je vous ZUT).

Ma conclusion : une bonne série à lire, mais qui aurait facilement pu devenir meilleure. Je recommande pour les jeunes lecteurs ou lectrices, personnes plus mûres soyez juste prévenues de la philosophie moralisatrice un peu trop facile de la saga.

Publié dans Fantasy

Commenter cet article