La Voix des Morts

Publié le par Fred

La Voix des Morts est le deuxième tome du cycle de Science-Fiction Ender, écrit par Orson Scott Card. Bien que radicalement différent dans le ton et l'histoire il est probablement le meilleur livre de la saga et a été récompensé de nombreuses fois.

En bref : deux mille ans ont passé depuis la victoire d'Ender et l'élimination des Doryphores. Les opinions ont bien changé et Ender est passé du statut de héros, sauveur de l'humanité, à celui de malfaisant Xénocide : l'homme qui a éliminé une race extra-terrestre sans aucune pitié. D'ailleurs Ender lui-même a en horreur ce qu'il a fait, et grâce à la relativité temporelledes voyages dans l'espace, il erre depuis tout ce temps avec sa soeur Val à la recherche d'une planète pour la dernière survivante Doryphore.

Pendant ce temps sur Lusitania, une toute jeune colonie humaine, un meurtre a eu lieu. Un meurtre particulier, puisque sur cette unique planète se trouvent des primitifs extra-terrestres surnommés les piggies. Jusqu'alors pacifique, ils étaient protégés par la peur de l'humanité de commettre un nouveau xénocide, mais ces derniers se mettent à tuer des humains alors il faudra revenir aux solutions radicales. Ender est devenu Porte-Parole des Morts, une religion simple qui promet de dire la vérité crue, bien ou mal sur les morts. C'est lui qu'on appelle pour le service de la victime, et Ender voit là une occasion de mener sa propre enquête et de racheter ses erreurs qui le hantent toujours.

 

J'ai adoré la Voix des Morts, qui reste à ce jour un de mes livres préférés. Comme dit plus haut le ton est radicalement différent du précédent tome. Fi des entraînements militaires, de l'évolution du jeune Ender sous la pression. Ce dernier est maintenant un homme mûr, qui a acquis une solide dose de sagesse après avoir erré pendant deux mille ans de monde en monde, à ressasser les horreurs de son passé. Son approche est celle du livre tout entier : résolument humaniste. Fini le discours va-t'en-guerre désespéré. Ender sait ce qu'il en coûte d'éliminer une race entière et il est bien déterminé à ne pas commettre la même erreur.

La Voix des Morts contient une bonne dose de philosophie sur la vie, certes, mais ce n'est pas tout. On y retrouve aussi en vrac une IA aux dimensions de l'univers qui aide fidèlement Ender, une scientifique brisée, prête à sacrifier sa vie pour protéger ceux qu'elle aime, des extra-terrestres aux coutumes aussi étranges que violentes et incompréhensibles, des terroristes xénophobes, des militaires prêts à faire sauter une planète si nécessaire, une enquête policière sur une culture extra-terrestre et une famille enlisée dans les problème.

Et étonnamment c'est peut être ce dernier point le mieux narré et le plus intéressant du récit. Car oui, dans un livre de SF, ce sont les contacts entre Ender et une famille de colons Lusitanien qui m'ont le plus touché. Parfait étranger, Ender va pourtant s'immiscer au milieu d'un père alcoolique violent, une femme adultère, un fils rebelle, un autre devenu fanatique, un aveugle et une fille traumatisée refusant de parler. Et petit à petit, il va gagner leur confiance et avec de simples mots, alléger un peu leurs souffrances.

Enfin le concept même de Porte-Parole des Morts, cet individu qui se contente de mener son enquête pour dire la vérité sans fard quelque qu'en soient les conséquences, m'a beaucoup plu. Et là encore l'impact émotionnel dans une scène a été considérable.

En un mot comme en cent, ce livre de SF est différent de tout ce que vous avez pu lire dans le genre. Il peut être lu indépendamment du précédent ou même de la suite, et il devrait être lu quoi qu'il arrive car il mérité définitivement le coup d'oeil !

Publié dans Card, SF, Favoris

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