La Mort en vacance

Publié le par Fred

Couverture MortimerAujourd'hui on parle de Mortimer, le 8ème tome des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett. Cette saga de fantasy outrageusement comique peut se lire dans n'importe quel ordre, malgré tout j'ai décidé de commencer par Mortimer qui est à la fois un des tomes les plus drôles et dramatiques de la saga.
 
En bref : la Mort commençait à se dire qu'il n'arriverait pas à comprend les hommes de son vivant. Et oui, la Mort chez Pratchett est un homme. Enfin, une personnification anthropomorphique. C'est compliqué mais il reste un squelette avec une grande faux dont le job est de mettre fin aux vies humaines. Et qui adore les chats. Breeefff, la Mort s'ennuie, se lasse de son travail dont personne ne lui sait gré. Aussi il décide de prendre un apprenti, Mortimer pour le seconder, et peut être, lui laisser un peu de temps libre. Pour être honnête Mortimer n'est pas bon à grand chose, mais il faut lui reconnaître qu'il est désireux d'essayer et qu'il a bon cœur. Cependant en l'occurrence ce n'est pas forcément une qualité... Tandis que la Mort prend des vacances son apprenti va déclencher de petites catastrophes le jour où il est censé accompagner une jeune princesse dans l'au-delà...
 

Les Annales du Disque-Monde sont irrégulières : certains tomes sont géniaux, d'autres un peu bordéliques (enfin, plus que la moyenne) et quelques uns sont juste brouillons. Mortimer est pour moi le meilleur d'entre tous, et ça tiens en trois ingrédients.
 
Le premier et le plus évident quand on connait Pratchett c'est l'humour : il y a une tonne de gags, des subtils, d'autres moins et une solide dose d'absurdités désopilantes. Si vous aimez l'humour anglais vous serez servi. Si vous ne l'aimez pas ce tome est parfait pour vous faire changer d'avis.
 
L'histoire ensuite a ma faveur. Pour une fois on comprend à peu près la logique de ses enchaînements (passé les postulats de départ évidemment). Elle est prenante, surprenante, parfois épique, souvent dramatique. En un mot elle est bien. Mais genre vraiment ! Le duo de personnages formé par la Mort et son jeune apprenti va constamment évoluer, mûrir même, si on peut dire au gré de leurs aventures.
 
Le plus important des points positifs reste malgré tout les personnages. Si le "héros" de notre histoire reste sans conteste Mortimer, les autres font tout leur possible pour lui voler la vedette. Au premier plan, la Mort, qui est sans doute le plus attachant de tous, avec ses dilemmes moraux, son humour à froid (ou son absence d'humour ?), son amour inconditionnel des chats et ses déboires dans sa grande quête de loisirs et de buts à son existence. 

Parmi les autres personnages notables, il y a aussi Ysabell la fille adoptive de la Mort. Elle aussi s'ennuie profondément, mais à sa décharge rester depuis trente-cinq ans une adolescente de seize ans dans la maison intemporelle de son père n'a rien d'amusant. Heureusement elle va pouvoir agacer Mortimer pour se divertir. On citera aussi Kéli, une princesse déterminée à ne pas mourir et Coupefin un apprenti-mage qui s'est fait recruter pour veiller à ce dernier point.
 
En fait je crois qu'un bref extrait d'une conversation entre ces deux là situerai parfaitement le ton de Mortimer. La scène se passe quand Coupefin examine la paume de la main de la princesse à la recherche de présages dans sa ligne de vie...
 
"Vous êtes morte", annonça-il.
Kéli attendit. Elle ne trouvait pas de réplique appropriée. "C'est faux" manquait de style, et "sans blague ?" paraissait un peu frivole.
"J'ai bien dit que je pensais l'affaire sérieuse ? demanda Coupefin
- Je crois, oui, répondit prudemment Kéli qui parvint à garder une voix tout à fait calme.
- J'avais raison.
- Oh.
- Ça pourrait être fatal.
- Encore plus fatal qu'être morte ? fit Kéli.
- Je ne parlais pas pour vous...
 

Publié dans Fantasy, Humour

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