Le Retour du Bâtard

Publié le par Fred

couverture l'assassin du roiL'Assassin du roi est le deuxième tome de la série l'Assasin Royal (les titres deviennent plus imaginatifs avec le temps, promis). Écrit par Robin Hobb c'est un petit bijou de fantasy qui prend ici une ampleur considérable. Ma critique du premier tome est ici. Attention la présente critique contient des spoilers sur le premier tome.

En bref : la première mission de Fitz est passé près de la catastrophe. Manipulé par Royal il a été envoyé au casse-pipe tuer le prince du royaume des montagnes mais a réussi de peu à en sortir vivant. Brûlant d'une haine toute fraîche pour son oncle, Fitz reviens dans les Six-Duchés servir son roi... et ourdir sa revanche. Mais comment faire quand on a juré fidélité au fils d'un homme qui souhaite votre mort ? Concilier son devoir avec sa vie privée deviens de plus en plus difficile pour Fitz, particulièrement vis-à-vis de Molly dont il est amoureux mais à qui il n'ose avouer la vérité. Pour compliquer les choses, les assauts des Pirates Rouges n'ont jamais été aussi intenses, laissant derrière eux des villages entiers de forgisés, ces humains réduits à l'état de bêtes sauvages. L'heure est venu pour l'enfant bâtard de devenir un homme et de s'imposer comme un allié fidèle et non plus un simple outil.

Ce deuxième tome de l'Assassin Royal marque une tournure nette dans la vie de Fitz. Il a goûté au respect et à l'amitié dans le royaume des montagne ; avec les épreuves qu'il y a vécues cela a contribué à le faire grandir d'un coup. Fini le garçon de chenil discret, désormais Fitz aspire à d'avantage d'importance et il à tendance à se comporter comme un prince de temps en temps (avant de se reprendre).

Le premier tome d'introduction étant passé, les années vont s'écouler maintenant à un rythme plus lent au fil de la lecture, mais l'action sera un peu plus présente malgré cela. Le roi Subtil étant sur le déclin, le pouvoir des Six-Duchés change progressivement de main. Vérité est le plus apte à gouverner, mais son recours à la puissante magie de l'Art se fait dans le secret et le peuple aspire à d'avantage de panache. En deuxième place c'est sa femme Kettrichen qui bataille à sa manière pour aider ses gens, en dépit des bâtons dans les roues que lui place Royal. Au passage ce personnage est l'un des plus détestable qu'il m'ai jamais été donné de lire. Commençant doucement Robin Hobb fait progressivement évoluer le mépris que j'ai pour lui vers la pure et simple détestation après chacun de ses plans mesquins.

Plus que tout, ce tome est celui qui bâti les piliers sur lesquels Fitz va se reposer toute sa vie.
Il y a d'une part son amitié franche avec la princesse Kettrichen, un personnage fort de caractère et d'une grande bonté agissant comme un baume au cœur du violent assassin que doit devenir Fitz.
Bien malgré-lui ce dernier se lie par le Vif avec un loup, Œil de Nuit. Ce compagnon farouche mais fidèle sera l'alter-ego de Fitz dans toutes ses aventures à venir. Et je ne parle pas là d'un gentil toutou au rôle secondaire mais bien d'un des personnages principaux du cycle. Son point de vue... spécial dirons-nous, apporte un côté à la fois comique et d'une sagesse lupine à bien des situations.
La relation de Fitz et Molly s'épanouit enfin pour le plus grand plaisir des cœurs d'artichauts que nous sommes. Malgré des débuts compliqués (Fitz blessé et obligé de mentir sur ses activités) c'est au final un havre de paix dans la tempête.
Enfin, la dernière pierre angulaire des relations clés pour Fitz c'est son oncle le prince Vérité. Ce personnage au caractère droit fait office à la fois de roi, d'ami proche et de père de substitution pour Fitz. Si c'est le roi Subtil qui a acheté la loyauté de notre bâtard favori, c'est Vérité qui a su la gagner.
Ces quatre relations sont sincères et présentent véritablement quatre facettes de Fitz, constamment tiraillé entre des modes de vie, des ambitions et des objectifs bien différents les uns des autres. Elles vont façonner le caractère de l'assassin pour le restant de ses jours dans un équilibre délicat qui rend le personnage si attachant.

Petit coup de cœur pour la fin qui résout pas mal de sous-intrigues, et ce d'une façon incroyablement optimiste pour le cycle au point de me faire penser à chaque relecture (à tord) que tout va bien se passer ! Quel naïf je fais !

Publié dans Fantasy, Dark, Hobb, Favoris

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