Lire en anglais

Publié le par Fred

Aujourd'hui je ne vais pas parler d'un livre en particulier, mais d'un problème récurent que j'ai rencontré en discutant littérature autour de moi. La lecture dans une autre langue, en particulier l'anglais.

Il y a plusieurs choses à discuter ici. Beaucoup de gens n'en voient simplement pas l'utilité. Presque autant ne se pensent pas de taille à affronter un livre dans une langue étrangère. D'autres ne se sont jamais posé la question ou simplement ne savent tout simplement pas par où commencer.

Voici donc mon opinion sur la lecture dans une autre langue, les avantages qu'on peut y trouver et quelques astuces pour débuter. Promis, ça vaut la peine, et pas seulement pour la jouer frimeur/frimeuse en société !

Pourquoi les gens ne lisent pas (plus) en anglais ?

Je n'ai pas le temps !

Cet argument est avancé en général par des gens passant quatre heures par jours sur des mini-jeux...censés combler le temps libre entre deux activités. Je n'ai rien contre de telles applications, attention ! Je rappelle juste qu'il y a des choses plus intéressantes dans la vie. Comme lire un bon bouquin ! Et qu'on ne vienne pas me parler d'herbe verte et de soleil, je sais très bien que ce sont des mensonges utilisés pour nous appâter dans le sauvage monde extérieur ! Si vous prenez les transports, prenez un livre à l'occasion ça vous changera de la musique. Si vraiment vous n'avez pas le temps kiddnappez un lecteur assidu et forcez le à vous faire la narration !

La difficulté !

L'argument que tout le monde attendait. Pas grand chose à dire là-dessus si ce n'est que c'est plus simple qu'il n'y parait. Sérieusement, les gens comprennent souvent assez bien l'anglais à l'oral devant leur série favorite sous-titrée, pas vrai ? Bonne nouvelle si on enlève les sous-titres ça reste grosso-modo compréhensible. Si, si, je vous assure : seulement comme vous allez un peu moins vite à comprendre qu'à lire les sous-titre, vous ne vous rendez peut être même pas compte de vos capacités. Enfin LIRE plutôt qu'écouter vous permet d'aller à votre rythme ce qui rend les choses beaucoup plus faciles.

Le français c'est mieux ! 

Oui, la France dans sa grandeur resplendissante dispose d'auteurs mondialement connus maniant avec art la langue de Molière. Seulement là il y a deux problèmes : un roman écrit avec de jolis mots peu usités (mais oh combien raffinés) n'est pas forcément bon (voir la moitié de mes critiques sur des auteurs français). Le lyrisme ne fait pas une bonne histoire à lui tout seul, désolé... Et puis il faut dire ce qui est, que ce soit en fantasy, fantastique ou en SF, la vaste majorité des auteurs sont anglais/américains. Ce qui au passage est la moitié de la raison pour laquelle on préfère ne pas prendre ces genres au sérieux en France. Oui, la politique de l'autruche, ça marche même inconsciemment...

Pourquoi lire en anglais ?

La qualité !

"Sans blagues... encore un puriste qui va nous dire que lire en anglais c'est mieux, c'est plus classe, c'est plus cool etc...". Loupé ! Totalement. Pendant longtemps j'ai détesté l'anglais et tout ce qui s'y rapproche. Par principe, mais aussi à cause de ces foutus Jenny et Bryan qui m'ont bien bassiné à l'école étant petit.

Bref ! Aussi bon soit le traducteur il/elle ne peut pas être parfait. Il y aura des erreurs de traductions, de syntaxe et même des contresens. Pire, même si le job est fait parfaitement, on perdra en qualité. Pourquoi ? Parce que la meilleure traduction n'est pas souvent la traduction littérale. Le mot parfait dépend de la phrase, du contexte, de l'univers tout entier du roman. Parfois l'auteur invente des mots ou expressions pour renforcer son monde et le traducteur doit alors faire preuve d'un formidable travail d'imagination et de linguistique pour composer un équivalent. Il m'est même arrivé de tomber sur un mot mal traduit... et de ne m'en rendre compte qu'a la fin du livre où ça générait une irrégularité dans une phrase.

Plus généralement même le meilleur traducteur échoppera si on lui donne 200 000 mots et 2 mois pour en faire une bonne traduction. J'ai le plus grand respect pour les traducteurs qui abattent un travail énorme pour nous autres lecteurs.

Après le contenu on peut aussi parler du contenant. Dans les genres littéraires qui nous intéressent il y a plus de public pour des livres en anglais, le résultat c'est qu'on a souvent des plus jolies couvertures en anglais. Moi par exemple j'ai commencé par le bouquin ci-dessous, et il faut dire ce qui est, la couverture en jette. Sans blagues le personnage à le charisme de Hugh Jackman barbu avec en plus un marteau magique en feu. Sans déconner il faut quoi de plus ?!

La disponibilité !

C'est tout bête, mais si vous adorez un livre vous n'aurez peut être pas envie d'attendre les 6 mois / 2 ans nécessaire à la traduction. Et si vous n'avez vraiment pas de chance votre livre ne sera jamais traduit. Moi c'est la raison pour laquelle j'ai commencé à lire : arrivé au tome 22 de ma série de livre préféré (correspondant au tome 11 VO)... l'éditeur dont je tairais le nom à décidé de s'arrêter là et de recommencer au tome 1 avec une nouvelle couverture et un nouveau traducteur. C'était il y a quelques années, et si tout va bien j'aurais la fin en VF dans 3 ans. Imaginez ma rage...

Le prix !

Je vais me faire des ennemis auprès des maisons d'éditions française, mais qu'à cela ne tienne ! Acheter des livres anglais revient nettement moins cher que leur équivalent français. Entre autre parce que trop souvent les romans originaux sont découpés en deux ou plus lors du passage au français. Une différence de prix pas extravagante au format poche, elle devient véritablement importante aux formats brochés et reliés. Bien sûr ça dépend des éditions et de la popularité de l'œuvre, mais globalement mes livres anglais me sont revenus jusqu'ici deux fois moins cher. Si vous êtes un livre-addict, pensez-y, votre portefeuille vous remerciera !

Devenir bilingue !

Tous les bilingues vous le dirons, pour briller en société (...) rien de mieux que de se plonger dans la langue que l'on veut apprendre jusqu'au cou et y rester jusqu'à ce que mort s'ensuive. Plus sérieusement, vous n'apprendrez certes pas l'accent en lisant en VO (on continuera à vous repérer dès que vous ouvrirez la bouche à l'étranger, je parle par expérience personnelle...) mais l'air de rien ça vous apprendra plein d'expressions. Et les expressions toutes faites, si vous les ressortez dans le bon contexte c'est parfait pour se faire comprendre. Pas de fastidieuses leçons de conjugaisons ou de grammaire ici, ni de loooooonnngues listes de mots de vocabulaires à apprendre. Ca viendra naturellement, pas à pas. Et après un moment passé à lire en anglais vous développerez même le réflexe de penser en anglais. Et ça c'est cool. Moi en tout cas quand ça m'arrive je me sens cool. J'aurais peut être pas du le mentionner en y réfléchissant...

Bon... je vais me lancer, mais je sais pas par où commencer...

Avant de commencer soyez raisonnables. Certains livres sont plus adaptés que d'autres. Ne vous lancez pas dans de gros romans pleins de longues phrases complexes, surtout de vieux livres ou se voulant dans un univers médieval. Les tournures de phrases et le vocabulaire vous seraient par trop étranges. Evitez donc le Seigneur des Anneaux ou Game of Thrones en VO dans un premier temps et rabattez vous sur de la lecture "jeunesse". Je recommande des classiques comme Harry Potter ou la Belgariade pour les connaisseurs du genre.

Editions bilingues

Quand on débute, la solution facile c'est d'acheter un de ces livres spécifiques écrit en deux langues. Sur la page de gauche le texte original, et à droite une traduction. Vous lisez la première et vous référez à la deuxième en cas de pépins. Ca peut très bien marcher pour vous mais ce n'est pas ma préférée... Tout d'abord il y a encore trop peu de choix de livres intéressants, et surtout je suis bien trop feignant : si j'ai la VF sous les yeux je pourrais être tenté d'ignorer la VO...

Livres favoris

Comme je l'ai dit plus haut, j'ai commencé en lisant la suite de ma série préférée en anglais et c'est pour ça que je préconise de faire pareil si vous voulez commencer.

Le premier avantage est le plus évident : c'est la motivation ! On ne va pas se le cacher, le plus dur en lecture comme pour le reste c'est le début. Si en plus vous n'aimez pas ce que vous lisez ce n'est même pas la peine d'essayer. Refusez de vous faire offrir ou conseiller des livres anglais, ne commencez que par ce qui VOUS tente sur le moment !

Ensuite, quand vous entamez la lecture vous aurez parfois l'impression de vous retrouver devant un texte à trous, avec tous les mots que vous ne comprenez pas qui vous tapent sur le système. Si vous connaissez déjà l'univers du livre en question, vous aurez déjà l'habitude des noms de personnages et des lieux. L'air de rien ça permet d'avoir un cadre et vous n'aurez pas en plus de votre traduction mentale à faire cet effort supplémentaire.

Si c'est vraiment un univers familier, ou mieux encore une relecture en VO que vous faites vous allez enrichir votre vocabulaire extrêmement vite. Même avec tous les efforts du mondes pour ne pas se répéter un auteur va quand même réutiliser des expressions régulièrement, employer certains mots plutôt que d'autres... Connaître déjà ces habitudes vous donnera la clé de tous ces textes à trous. Et même si vous ne les avez pas remarqué consciemment, il y en a énormément, ça fait parti du style d'écriture de l'auteur. C'est ainsi que je me suis retrouvé à comprendre des mots/expressions tels que "marmotter", "canaliser", "ingénu", "tiraillé", "ramper" sans même ouvrir un dictionnaire. Même en français je ne les emploi pas alors en anglais... Et pourtant je n'ai eu a les lire qu'une fois dans le contexte pour reconnaître leur utilisation par mon auteur fétiche.

Ne pas traduire

Je l'ai dit plus haut mais ça reste capital : traduisez le moins possible, surtout mots-à-mots. Et par pitié évitez la traduction automatique. Dans la mesure du possible, forcer vous à lire toute la phrase, ensuite seulement vous demander si vous n'avez pas tout compris et dans ce cas seulement commencer la traduction. J'insiste lourdement, mais votre cerveau ne doit pas prendre cette mauvaise habitude de traduire. Surtout que certains mots et expressions sont intraduisibles ou rendent très mal en d'autres langues.

Vous connaissez peut être cet exemple populaire :  "Sleon une edtue de l'Uvinertise de Cmabrigde, l'odrre des ltteers dnas un mtos n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirere et la dreneire soit a la bnnoe pclae.
Le rsete peut erte dnas un dserorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlbleme.
C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmee, mias le mot cmome un tuot. " Et bien c'est exactement la même chose pour la lecture en anglais vous n'avez absolument pas besoin de comprendre ce que vous lisez pour que la phrase entière ait un sens. Traduire à chaque étape sera non seulement lent mais contre-productif. Ignorez les mots incompréhensible quand c'est possible, ne traduisez que quand vraiment vous n'avez pas compris si Jon Snow était mort à la fin de GoT ou si il prenait le thé avec des amis.

Conclusion

Lire en anglais c'est bien. Faites le. Sérieusement. Si après cet article à rallonge vous n'avez toujours pas envie de faire l'effort d'en essayer au moins un, ce n'est plus la peine de mettre les pieds sur mon blog... heu non ! Attendez ! Reveneeeeezzzz !

PS : n'hésitez pas à partager le premier livre que vous avez lu en anglais, et pourquoi. Ca en motivera peut être d'autre à faire pareil !

Publié dans Hors-serie

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