Blood Mirror

Publié le par Fred

couverture Blood MirrorBlood Mirror est le quatrième tome de la saga de fantasy Le Porteur de Lumière écrit par Brent Weeks. Il fait suite à l'Œil brisé et ne peut être présenter sans spoiler énormément sur ce dernier tome.
 
En bref : Gavin Guile, l'homme le plus puissant au monde, ancien chef de la Chromerie et héros adulé est maintenant rendu borgne, amputé de plusieurs doigts, affaibli par la faim et surtout enfermé dans une prison magique qu'il avait lui même créé pour son frère. Ignorant tout sur sa disparition, sa femme Karris Guile tente l'impossible de le retrouver, mais elle a fort à faire depuis qu'elle s'est retrouvée promue Blanc, c'est-à-dire responsable de tout un pays en pleine guerre. Une guerre contre des anciens dieux aujourd'hui réprouvés que la Chromerie est d'ailleurs entrain de perdre. Kip, fils bâtard de Gavin à d'ailleurs du fuir les complots que trame son grand père pour élire un nouveau Prisme : marié en trente seconde à une femme qu'il connait à peine, il s'exile à l'autre bout du monde pour participer à la guerre avec ses amis et compagnons d'armes, les Invincibles. Mais une deuxième guerre se déroule sous la surface, contre l'ordre d'assassins de l'Œil Brisé, eux aussi déterminé à renverser le pouvoir en place. La jeune Teia les a d'ailleurs infiltré et doit maintenant prouver sa valeur en commettant des meurtres si elle veut gagner leur confiance et éliminer leur chef.
 

Autant dire qu'il se passe beaucoup de choses dans ce nouveau tome de la saga. L'histoire est centré sur ces quatre personnages principaux, dont trois appartiennent à la famille Guile. Autant dire que côté politique on se rapproche de plus une plus d'une dictature familiale tant ces derniers ont accédé à des postes de pouvoir.

Le Grand-père, Andross est un vieux dirigeant implacable, dénué de compassion et ne pensant qu'à la suprématie familiale. Le Père, Gavin, est un Prisme brisé qui va devoir galérer s'il veut un jour ressortir de sa propre prison. Sa femme tiens maintenant les rênes du gouvernement, tandis que leur fils tiens le rôle de nouveau Prisme (même s'il n'est qu'une marionnette). Enfin le fils bâtard est l'atout en réserve exilé certes mais qui viens de faire un mariage à l'une des plus puissante familles du monde. Autant dire qu'avec tout ça la situation politique est assez explosive, surtout si on y ajoute deux guerres en cours se passant mal dont l'une secrète !
 
Ce tome est un tome de révélations. Dès les quelques premières pages on est soufflé par les premières explications que l'on reçoit concernant Marissa. Esclave de lit du prisme, amie, confidente, maîtresse des espions de la Chromerie, agent double... elle n'a pas encore révélée tous ses secrets. Dès le début du livre on reçoit une claque qui change de beaucoup la perspective qu'on avait sur les choses. Et l'auteur en garde d'autres en réserve pour la suite. Je me suis arrêté deux ou trois fois dans ma lecture avec à la bouche un bon vieux "What the fu...". Attendez vous donc à pleins de rebondissements.
 
Blood Mirror est également le tome de l'ascension de Kip. Après une entrée mouvementés dans le monde du pouvoir, après être devenu un Garde Noire, après avoir tué un Roi et un Dieu, il est maintenant nettement plus confiant et prend les choses en main. Avec ses immortels il va entamer sa propre guerre contre le Prince des Couleurs et son armée avant qu'ils aient conquis la Chromerie. Enfin il s'impose comme un chef, et si on retrouve par moment le bon vieux Kip et sa grande gueule maladroite, l'homme d'exception qu'il est devenu a pris les devants dans la majorité des cas.
 
Une exception notable est sa relation avec sa femme, Tisis. Autrefois son ennemie, il a depuis fait un mariage politique et les deux tentent maintenant de s'apprivoiser. Une part significative du roman (trop sans doute) est consacrée à leurs problèmes conjugaux (y compris au lit...). Sympathique, voir touchant à petite dose ils ont quand même fini par m'agacer tous les deux. Enfin, aucun livre n'est parfait !
 
C'est un tome extrêmement sombre dans l'histoire et le style, plus encore que le précédent tome. S'il y a toujours de l'humour, même ce dernier à viré dans l'ironie la plupart du temps. Gavin est passé d'Empereur charismatique et adulé à celui de prisonnier estropié et à moitié fou. Teia était initialement une esclave blasée, cherchant à intégrer la Garde Noire pour obtenir sa liberté au service d'une cause juste. Maintenant elle doit jouer un triple role d'espionne et d'assassin bien malgré-elle. Au moindre faux-pas c'est la mort, et elle va devoir verser du sang innocent pour un but plus grand qu'elle.
 
Même Karris va devoir faire des efforts considérable à sa nouvelle position de chef en faisant alliance avec Andross Guile son beau-père haïssable. Pour rappel ce dernier à tenté de l'assassiner elle et Kip (plusieurs fois pour ce dernier), vendu Teia en esclavage, et condamné son fils à mort. Mais dans l'intérêt d'une guerre qui tourne à la catastrophe, il va falloir faire des concessions et Karris va devoir s'allier avec le vieux serpent contre les menaces extérieures.
 
Petit coup de cœur d'ailleurs sur leur tandem biscornu. A eux deux ils dirigent d'une main de fer la Chromerie et sont peut être devenu mes personnages préférés (avec Teia). Notamment avec l'envoie de la mission la plus diplomatique la plus cinglée que j'ai jamais vu et un message qui dit quasiment en ces mots à une de leurs pires ennemis : "Je te déteste, tu mérites de mourir, t'as rien glandé pour l'instant dans la guerre contre un ennemi commun encore plus haïssable, donc maintenant tu ramènes tes armées nous aider ou on t'écrase de toutes nos force quitte à perdre la guerre ensuite. PS : gouverneur machine, tu es une incapable et tu es virée".
Faut avouer que question message diplomatique on a vu plus subtil. Et la pauvre Teia est sur place au moment de la réception du message en plus.
 
J'ai adoré (sadique que je suis) Blood Mirror. L'action est toujours présente même si elle est d'avantage remplacé ici par une tension incroyable. Tous les personnages principaux sans exception sont poussés dans leurs dernier retranchements. Beaucoup de souffrances, physiques et psychologiques, des révélations qui vous laisseront sur le cul comme elles l'ont fait pour moi. Des moments touchants, d'autres horribles. Même si Brent Weeks fini sur une note optimiste, c'est globalement le roman le plus sombre qu'il ait écrit avec le plus de compris avec la morale. Un tome renversant qui m'a donné plusieurs fois envie de crier un "NOOOOoooonn" désespéré. Au choix parce que mon immersion était totale dans ce livre génial, ou parce que je suis une grosse lavette quand on fait souffrir mes personnages préférés !

Publié dans Fantasy, Favoris, Dark

Commenter cet article