Elantris

Publié le par Fred

couverture ElantrisAujourd'hui on s'attaque à Elantris, un roman de fantasy n'appartenant PAS à un cycle et écrit par Brandon Sanderson, un de mes auteurs préférés.
 
 
En bref : Elantris est la cité des dieux. Des personnes ordinaires de tout Arelon sont transformés physiquement et mentalement pour recevoir de puissants pouvoirs. Ensuite ils vont vivre à Elantris où ils rayonnent tel un petit paradis terrestre. Enfin ça c'était avant... Il y a dix ans à eu lieu le Shéod : une malédiction qui a frappé les Elantrien, les privant de pouvoirs et les transformant en monstres repoussant. Leur monde s'est effondré et une aristocratie instable à pris sa place. Le prince Raoden est adulé de tous, mais le jour où il est victime de la même malédiction on l'expédie sans coup férir avec les autres maudits dans la cité devenue prison. Désormais il est considéré comme mort. Pas de chance pour sa fiancée qui arrive deux jours plus tard depuis le royaume voisin pour son mariage. Tandis qu'un puissant royaume voisin s'apprête à conquérir Arelon, le couple séparé va œuvrer pour comprendre les mystères d'Elantris et sauver le royaume.
 

Elantris est raconté du point de vue de trois personnages, assez stéréotypicaux initialement, mais qui évoluent dans des branches improbables.

On a d'un côté Raoden, ex-prince et nouvelle victime de la malédiction du Shéod. Son corps transformé et boursouflé n'est pas le pire : s'il ne peut pas mourir en revanche ça ne l'empêche pas de souffrir d'une faim qu'il ne peut rassasier. Et puis toutes les douleurs infligées aux maudits persistent, indéfiniment. De la plus insignifiante égratignure à la plus terrible plaie béante, toutes font souffrir indéfiniment. Ou jusqu'à ce que la folie s'en suive. Face à cette sentence de mort à peine différée, Raoden mène l'enquête pour comprendre l'origine (et surtout la solution) à sa malédiction. Pour compliquer les choses, parmi le chaos d'Elantriens sans buts dans la mort, certains se sont organisés en bande pour écraser tout opposants et s'emparer de leur vivres. 
 
Pendant ce temps, Sarène devient par contrat la veuve du prince qu'elle n'a jamais rencontré en vrai. Pas évident de porter deuil de quelqu'un avec qui vous n'aviez échangé que des lettres. Cependant, elle sait que son mariage avait pour but d'unir son royaume à l'Arelon face à un ennemi commun l'empire Fjorden. Cet empire à la puissance croissante est dirigé par un genre de prophète divin chargé d'étendre sa religion et son pouvoir au monde entier. Sarène n'a pas vraiment envie de se soumettre comme on peut s'y attendre. Elle mène d'une part une petite enquête sur la disparition mystérieuse de Raoden (prétendument mort d'une maladie fulgurante), et d'autre part elle tente à tout prix de sauver l'Arelon de l'invasion Fjorden. Politique et intrigue seront nécessaires pour changer le pays avant qu'il ne soit trop tard.
 
Car l'empereur Fjorden à envoyé le gyorn Hrathen s'occuper de l'Arelon. Hrathen est une sorte de grand prêtre militariste. Sa mission est de convertir Arelon à la foi Fjorden par tous les moyens : il a trois mois avant que l'empereur perde patience et entame la conquête pure et simple du royaume. Et sans Elantriens aux pouvoirs quasi-divins pour protéger Arelon, le résultat ne fait aucun doute. Usant de ses discours et de corruption, Hrathen va tenter d'unir un royaume ennemi à lui tout seul et de renverser le gouvernement pour y instaurer sa religion... et empêcher le massacre que serait une conquête classique.
 
Si initialement ces trois personnages semblent enfermés dans les stéréotypes du prince victime, de la princesse volontaire et du méchant gyorn, ils vont assez rapidement évoluer pour se distinguer. Si Raoden va s'imposer comme un meneur improbable chez les maudits et que Sarène va jouer à la fine mouche avec tout un chacun, c'est encore Hrathen que je préfère malgré son nom imprononçable. Ce dernier s'éloigne petit à petit du rôle de méchant pour se diriger vers celui de l'homme décidé qui pense agir pour le bien. Déchiré par des doutes à l'issu de sa foi, qu'il suit désormais plus par logique que par conviction, il va faire un adversaire politique retors pour Sarène.
 
Un excellent livre indépendant. Assez conséquent pour développer une histoire complexe avec de multiples factions, des liens entre personnages solides et intéressants. On regrettera juste la fin peu être un chouilla trop expéditive qui nous laisse volontairement quelques questions sans réponses. Un ou deux ralentissements en milieu de volume sont à signaler, mais rien de bien dramatique. Si Raoden est sympathique mais un peu trop fidèle à lui-même, les autres personnages - même secondaires - évoluent tous et sont attachants.
 
Petit coup de cœur pour le Gyorn Hrathen et son ultime plan pour renverser le gouvernement et gagner de l'influence. Il dénote une dévotion extrême et une volonté de fer impressionnantes.
 
Comme c'est un tome isolé Elantris est peut paraître plus facile à aborder que d'autres tomes de Sanderson. Ce n'est pas forcément le cas au vu de sa longueur et de son ton plus sérieux que beaucoup. En revanche si vous avez déjà lu cet auteur et aimé, je vous le recommande chaudement vous ne serez pas déçu.

Publié dans Fantasy, Sanderson

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