Accros du roc

Publié le par Fred

Accros du roc, Pratchett, Annales du Disque mondeSeizième tome de l'univers des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, Accros du Roc est un nouveau tome de fantasy déjanté accessible indépendamment des autres.
 
En bref : dans le monde complètement cinglé du Disque-Monde, Suzanne, seize ans tente de vivre une vie tranquille dans l'école pour jeunes femmes d'Ank Morpork. Seulement elle est la petite fille de la Mort lui même - par adoption. Et justement, la Mort en a marre de faire son travail de faucheuse et commence à se poser des questions existentielles dignes de la meilleure dépression. C'est donc Suzanne qu'on embauche pour prendre la relève dans la grande entreprise familiale. Une de ses premières tâches c'est de s'occuper d'un jeune musicien qui doit trépasser lors d'un concert qui tourne mal. Mais ce dernier dispose d'un instrument de musique magique d'une puissance insoupçonnée qui renverse la donne. La musique des Rocs est née, et une fois n'est pas coutume, va mettre un sacré bazar sur le Disque-Monde.
 

Comme tous les romans de Terry Pratchett, Accros au Roc peut se résumer avec quelques adjectifs. Fantastique, bordélique, drôle, souvent absurde, bordélique, plein d'action, et pour finir, bordélique.
 
On retrouve plusieurs personnages qui reviennent régulièrement dans la saga, pour notre plus grand plaisir. Au premier plan, la Mort lui-même, ainsi que son assistant, le mage Albert (toujours aussi décidé à ne jamais mourir au service de son maître). Suzanne est la fille de Morty, apprenti de la Mort, et de Ysabell, sa fille adoptive (voir Mortimer). Par conséquent elle dispose de quelques pouvoirs intéressants, comme traverser les murs, se rendre invisible, et même une propension dangereuse à manier la faux. Elle est dont parfaite pour reprendre le rôle temporairement vaquant de Mort, même si elle a passé toute sa jeunesse ignorante de ce côté aberrant de sa vie.
 
Très vite on se rend compte que dans notre histoire de magicien jouant de la guitare magique, c'est en fait ladite guitare qui se sert de son musicien pour produire sa musique à elle. L'effet est immédiat, quasiment tout le monde est transporté par la magie de cette mélodie incroyable. Aussitôt des dizaines de musiciens en herbes se mettent à émuler le tout nouveau groupe de roc. Et les émules sont, soyons clairs, incroyablement mauvais. En fait, la guitare magique est tellement puissante, que même ces vieux fous de mages se sentent pris d'une envie irrépressible de jouer. Et eux ils ont leur magie pour corser encore les choses. Seul Ridcule, l'Archichancelier reste (à peu près) saint d'esprit. Il entreprend aussitôt son enquête pour éviter une éventuelle invasion démoniaque (chose assez courante à Ank Morpok au vu de la stupidité au mètre carré de ses habitants). 
 
Suzanne et Ridcule vont se croiser et tenter de résoudre se problème, tandis que la Mort aux rats fait équipe avec un corbeau parlant et Albert pour retrouver la Mort et le ramener dans le droit chemin.
 
Comme la quasi-totalité des romans du Disque-Monde, le seul défaut que l'on peut voir dans ce livre c'est l'excès de loufoque. La situation est tellement déjantée, tellement étrange, avec son quota de deus ex machina (souvent littéralement) qu'on peut en faire une overdose et se lasser, perdre de l'intérêt pour les personnages dont on sait (à quelques exceptions près) qu'ils s'en sortiront bien. Enfin, moi ça ne m'a pas dérangé plus que ça et j'ai passé comme d'habitude un très bon moment de détente devant l'humour décalé assumé de ce roman.
 
Coup de cœur pour la progression de Suzanne, de jeune fille voulant vivre tranquillement, à incarnation colérique de la Mort. Surtout lors de ses interactions avec Ridcule le paternaliste et la Mort lui-même.

Publié dans Fantasy, Humour

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