La Meute

Publié le par Fred

couverture la meuteAujourd'hui, un roman un peu particulier, puisqu'il s'agit de La Meute, premier livre du jeune auteur français Slimane-Baptiste Berhoun. Un roman spécial puisqu'il s'agit de la suite de la web-série Le Visiteur du Futur. Un petit bijou humoristique baroque aux premiers épisodes tournés avec les moyens du bord d'une bande de potes acteurs et aux dernières saisons qui en jettent tant leur projet a cartonné. Et en plus ces épisodes sont disponibles gratuitement online. J'arrête ma pub ici, laissons place à la critique !
 
En bref : en 2550 la Terre est ravagée par tout un tas de catastrophes dont - oh surprise - l'homme est responsable. Renard, alias le Visiteur du Futur tente de remédier à la situation avec son équipe de choc : Raph un jeune un peu paumé de notre époque, et le Dr Henry Castafolte, éminent scientifique, et surtout, un robot ! Mais sauver le monde est un job ingrat, ce qui va générer pas mal de dissensions dans le groupe, surtout quand apparaissent des individus déterminés à les arrêter à tout prix. Au milieu de la pagaille grandissante, Renard voit resurgir des amis (et ennemis) issus de son passé mystérieux. Nous voilà donc parti pour un voyage dans le passé de notre futur, à la découverte de la jeunesse de notre héros improbable.
 

J'ai attaqué la Meute avec des sentiments mitigés. J'avais un a priori positif étant un fan inconditionnel de la série le Visiteur du Futur. Et en même temps j'étais inquiet que la formule satyrique si efficace à l'écran ne fonctionne pas aussi bien à l'écrit. Surtout que ne s'improvise pas auteur qui veut. Au final, s'il n'est pas exempt de défaut, je suis quand même ressorti de ma lecture avec un "mouais, vraiment pas mal du tout".

Concernant l'histoire, on va constamment osciller entre deux lignes temporelles. Le "présent" du roman qui est la Terre post-apocalyptique de 2550, avec ses dangers et sa crasse bordélique. Une bonne moitié du récit se passe cependant quelques années avant et tente de lever le voile sur le passé de Renard.
 
La partie "présent" sera la plus familière aux fans de la série, car on y retrouve la plupart des ingrédients habituels. Tentative de sauver le monde au début, puis surtout de sa propre peau, beaucoup d'engeulades entre ces caricatures immatures que sont nos héros, et une bonne dose d'humour absurde. Si vous ne connaissez pas l'univers, soyez rassuré, vous ne serez pas perdu pour autant, le style est clair et dynamique et rappelle toutes les bases de l'histoire. Pour corser le tout, et grâce à une invention particulièrement réussie du robot Henry, on en apprend plus sur le passé de Renard, qui revient à la charge lui causer des ennuis.
 
Dans ce fameux le passé, on apprend qu'à l'époque Renard a intégré tant bien que mal un groupe de jeunes enfants dirigé par le Maître. Ce dernier fournissait à leur bande un peu d'organisation en échange de leurs efforts pour travailler en groupe et survivre à leur environnement hostile. En contrepartie, le Maître leur faisait également miroiter une fenêtre sur un autre monde meilleur. Dans la bande de jeunes aux surnoms d'animaux, Renard s'est rapidement entiché de Belette, une jeune dure rêvant d'étoiles et totalement hors de sa portée. Enfin au début en tout cas... Évidemment ce potentiel paradis d'amour, de camaraderie et de rêves d'un monde épargné ne va pas durer, et on découvre petit à petit pourquoi.
 
La Meute est un bon petit livre d'humour découpé en cinq partie. On ne s'y ennuis pas une seconde, et pourtant j'y ai trouvé un défaut d'importance. Berhoun en fait un peu trop. On sent bien l'héritage de la mini-série avec le découpage volontairement rapide, les petites séquences de flash-back qui vont monter la tension en jouant sur notre frustration d'en savoir plus tout de suite. Un peu trop donc : comme pour une série sans fil directeur, on ressent trop le format épisodique du livre, trop artificiel dans son écriture. Idem pour l'humour et même les brisures du quatrième mur. A petite doses surprenantes et hilarantes même, cependant en excès ils limitent notre investissement dans l'œuvre. Sans doute parce que l'auteur ne voulait pas que le livre vire trop au dramatique (certains épisodes étaient vraiment sombre quand on s'y arrête deux minutes).
 
Enfin, malgré ce défaut (qui n'est qu'une question de goûts au final), j'ai quand même passé un bon moment devant la Meute. C'est rapide, c'est osé, c'est bourré de références plus ou moins geek. L'héroïque, le génial (et même quelquefois le romantique) de nos personnages principaux sont rapidement encadré d'une solide dose de ridicule qui fait toujours son petit effet. Un roman rafraîchissant !

Publié dans SF, Humour

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