La Rose Blanche

Publié le par Fred

couverture rose blancheOn repart dans le cycle de dark fantasy qu'est la Compagnie Noire avec ce troisième opus. Écrit par Glen Cook, voici donc La Rose Blanche ! Les critiques du premier et deuxièmes tomes sont disponibles respectivement ici et . Comme d'habitude, il y a des spoilers sur les précédents tomes !
 
En bref : cette fois, c'est dit, la Compagnie Noire a changé de camp. Fini le temps où ils suivaient la terrible Dame régnant sur le monde et ses dix Asservis, maintenant ils servent son ennemie de toujours, la Rose Blanche annoncée par les prophéties... et qui n'est d'autre que Chérie, l'enfant muette qu'ils ont sauvé il y a des années de cela. Sauf qu'elle a bien grandie et s'impose maintenant comme stratège de la grande rébellion contre la Dame. Réfugiés depuis des années dans la Plaine de la Peur, cette contrée aux créatures étranges (baleines volantes et pierres parlantes), ils attendent patiemment leur heure. Chérie dispose d'un pouvoir annulant toute magie autour d'elle, ce qui n'est pas de trop quand le monde entier - sauf les rebelles - se ligue contre vous. Alors que la confrontation finale se rapproche, le Dominateur, ex-époux de la Dame prépare une fois de plus son retour : le tyran ne veut tout simplement pas rester mort pour de bon !
 

Par rapport aux précédents tomes, les choses ont bien changé dans la Rose Blanche, que ce soit au niveau du style d'écriture, de la narration ou de la posture de la Compagnie Noire. Concernant le style, il a mûri depuis le premier volume et c'est tant mieux. Si le rythme reste toujours rapide et le ton direct (pour aller avec les personnages bourrus qu'il décrit), le tout est cependant un peu moins expéditif et on saute moins du coq à l'âne.

Ce qui ne veut pas dire qu'il ne se passe rien, bien au contraire ! On a droit à une aventure qui évolue sur trois fronts. Le principal c'est le récit par Toubib, médecin et annaliste de la Compagnie Noire de leur résistance/rébellion contre la Dame. Et quand on déclare la guerre à un Empire avec une poignée de vétérans et quelques créatures étranges, on peut dire qu'ils ne manquent pas de pain sur la planche. Vient ensuite un récit du lointain passé qu'un auteur anonyme envoie à Toubib par courrier. L'histoire d'un sorcier sous couverture qui étudie depuis des années le Tumulus où sont enterrés (toujours vivants), la Dame, le Dominateur et les Asservis. Un récit du passé qui contient des clés capitales pour la victoire finale. Enfin on suit l'histoire de Choucas, alias Corbeau, ex-membre de la Compagnie, ex-protecteur de Chérie, ex-prétendu trépassé. De retour à notre époque, ce dernier surveille les Tumulus où le Dominateur sommeille toujours, et ils s'inquiète parce que le vieux nécromant est encore entrain de manigancer pour revivre et dominer le monde.
 
Beaucoup de choses se passent, donc et pas mal dans des directions inattendues. Entre les plans retors (et risqués) de Chérie pour renverser la Dame, la pression que celle-ci leur fait subir et les Asservis survivants, le pauvre Toubib n'a qu'à bien se tenir. D'autant que le Boiteux n'est toujours pas mort - le larder de flèches et lui couper la tête n'aura pas suffit à tuer cette calamité bancale - et bien décidé à se venger. Pire, la Dame a des projets pour Toubib, elle entend bien le ramener dans son giron pour témoigner des événements.
 
On retrouve un certain nombre de gimmicks de Glen Cook, comme la camaraderie mal dégrossie au sein de la Compagnie. Sous leurs airs de vétérans patibulaires et blasés, ils sont toujours cette grande famille d'enfants grognons. On n'échappe pas non plus aux éternelles querelles magiques entre Crapaud et Qu'un Œil. A part concernant le tyran increvable du Dominateur, il n'y a pas de manichéisme grossier ici : même la Dame a ses bons côtés et ne fait pas que diriger l'Empire d'une main de fer.
 
En lisant ce troisième tome, je n'ai pas pu m'empêcher (et pas pour la dernière fois) de penser que put... les méchants dans ce bouquin sont coriaces ! Au début on se dit que Toubib fait sa petite fleur bleue et qu'il s'effraie finalement pour pas grand choses, ce ne sont "que" des mages-nécromants un peu plus puissants que la normale. Mais quand on découvre au fil des pages et des romans ce qu'il faut pour en venir à bout définitivement on réalise qu'ils sont plus résistant que des cailloux. 
 
Mes passages préférés ici vont aux interactions entre Toubib et la Dame qui entretiennent décidément une relation très étrange. Surtout quand ils sont surveillés par les corniauds de la Compagnie Noire où là ça devient franchement hilarant. Se faire charrier pendant vingt ans par les copains est un prix raisonnable à payer quand on a écrit des bluettes sur la femme la plus puissante du monde.
 
La Rose Blanche clôture tout une branche de la (longue) saga de la Compagnie Noire, et elle le fait bien. Avec le rythme habituel, Glen Cook nous narre la fin d'une aventure sombre et prenante avec plus que son quota de retournements !

Publié dans Fantasy, Dark

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