La Roue du Temps n°5 - Les Feux du Ciel

Publié le par Fred

Couverture la roue du temps - les feux du cielVous aviez cru en avoir fini avec le cycle de la Roue du Temps de Robert Jordan ? Détrompez vous, car voici venir les Feux du Ciel, cinquième et très bon tome d'une aventure qui a commencé ici. Comme d'habitude, des spoilers sur les tomes précédents sont inévitables.
 
En bref : Rand al'Thor, élu des prophéties a uni le plus gros du peuple guerrier des Aiels derrière lui. Non sans mal. Dans les affres du dernier combat, il a vaincu un puissant Réprouvé et le force maintenant à lui enseigner le Pouvoir Unique, le rendant plus dangereux que jamais. Mais tous n'ont pas accepté Rand comme chef suprême. Couladin un arrogant Aiel a pris la tête de tous les mécontents pour se lancer à la conquête du monde, dans ce qu'il proclame être son destin. Le Cairhien, affamé et brisé par une guerre civile violente sera le premier pays à en faire les frais. D'ailleurs le reste du monde va tout aussi mal : la Tour Blanche, symbole d'unité et de paix des Aes Sedai femme depuis deux mille ans s'est également scindée. Même chez les Réprouvés, les alliances se font à toutes allure : nul ne peut rester neutre dans un monde qui sera bientôt totalement en guerre !
 

Dans le précédent volume, on a laissé Perrin à la tête de la région des Deux-Rivières, après de rudes combats contre les Trollocs. Il sera nettement moins présent dans ce tome, s'étant déjà taillé (à contrecœur) la part du lion dans ce chaos. De même Egwene et son caractère de Mme-je-sais-tout sont laissés en retrait, pour ma plus grande joie cette fois. En revanche pour ce qui est de Rand, Nynaeve, Mat et Aviendha, ils prennent une importance grandissante.
 
Rand évidemment, en tant que Dragon Réincarné, destiné à unir le monde. C'était assez prévisible. Mais maintenant qu'il a un peuple qui le suit (et volontairement pour changer), il peut enfin se transformer en ce leader qu'il est censé être. Appuyé par Moiraine et ses précieux conseils, il baigne désormais dans la politique et les conflits d'intérêt tout autant que dans la guerre. Mat aussi va  bien changer. Sur le plan personnel, il va rencontrer une Aielle qui va calmer ses ardeurs de coureur de jupons, et surtout, lui aussi va se transformer en chef. Il faut dire qu'avoir littéralement dans sa tête les vies des plus grands stratèges du passé peut transformer un parieur invétéré en un génie militaire.
 
Aviendha est toujours plus que jamais l'Aielle par excellence et notre point de vue sur ce peuple brave à la folie et à la mentalité très particulière. Elle va beaucoup se rapprocher de Rand pour notre plus grande joie (team Aviendha <3). Après il faut dire qu'elle s'y prend d'une façon très, très, très particulière (pas de spoil je vous préserve la surprise). Avec son courage, sa force de caractère et sa grande maladresse sociale, elle est un de mes personnages préférés.
 
Nynaeve enfin a réussi à neutraliser un ter'angreal qui aurait permis de balader Rand en laisse comme un bon toutou obéissant (là encore, littéralement), tout en battant de peu la Réprouvée Moghedien. Maintenant elle cherche un moyen de rallier les réfugiés de la Tour Blanche. La faction dominante étant dirigée d'une main de despote par Elaida. Pour compliquer les choses les pays qu'elle va traverser sont aussi ravagés par des guerres civiles, et même par les fanatiques d'un homme qui se fait appeler Prophète du Dragon !
 
Ce nouveau tome - surtout la deuxième moitié - fait partie de mes préférés. Pourquoi ? Parce que tout d'abord je suis toujours aussi fan des Aiels, ce peuple improbable mélange de violence et de sagesse, d'honneur et de courage. Qu'ils aient un passé si dramatique et soient les seuls à être vraiment fidèles à leur principes dans toute la saga ne fait que renforcer ma bonne opinion d'eux.
 
Rand, Mat et même Nynaeve mûrissent un grand coup - à la dure. Les manigances politiques sont savoureuses, tout comme les méthodes parfois brutales de Rand pour y mettre fin. Décidément ce pas facile d'unir le monde, même si c'est pour vous sauver la vie. J'aime le personnage de Nynaeve malgré ses nombreux défauts pour sa faculté toujours présente de chercher à faire ce qui est bien. Et non pas comme beaucoup d'autre, de faire ce qui doit être fait. Son inaptitude à se résigner est pour moi sa plus grande qualité.
 
J'ai un énorme coup de cœur pour tout ce qui se passe en Cairhien. Une bataille de proportion épique entre de multiples factions, beaucoup de courage, de sacrifices et de décisions difficiles. Loin d'une glorification de la guerre, on sent au contraire l'intensité du drame au fur et à mesure qu'il se met en place, et de la fatigue éreintante des personnages quand ils doivent continuer à se battre. Une fois la boucherie terminée, on a affaire aux retombées et aux nouvelles responsabilités qu'impliquent la conquête d'un pays ravagé et divisé.
 
Enfin, deuxième coup de cœur pour deux courtes confrontations de dernière minute impliquant Rand, Moiraine et des Réprouvés. Sans rentrer dans les détails, c'était de véritables claques émotionnelles. C'est beau, c'est fort, et on souffre pour nos personnages préférés. Jordan a ses défauts au niveau de l'écriture, mais ce genre de scènes lui donne une place dans le panthéon de mes auteurs favoris.
 
Globalement, le livre dispose des mêmes qualités que les précédents, ainsi que les mêmes défauts. Évidemment, dans les mille et quelques pages certains passages sont moins bons ou tout simplement trop lents à notre goût. Mais il ne faut pas oublier que Robert Jordan a écrit la Roue du Temps comme un seul grand cycle, d'envergure dantesque, et pas comme c'est trop souvent le cas comme une trilogie rallongée encore et encore. S'il y a beaucoup d'actions (physique et autres), la longueur du cycle nous plonge totalement dans son univers. On en vient à parfaitement connaitre ses peuples, coutumes, personnages et même expressions. Bref, un Grand Livre sous bien des aspects !

Publié dans Fantasy, Favoris, Jordan

Commenter cet article