Le Fou et l'Assassin III : En quête de vengeance

Publié le par Fred

Fou et l'assassin - en quête de vengeance - couvertureEn quête de vengeance est le troisième tome de la saga Le Fou et l'Assassin de Robin Hobb. Un cycle de fantasy sombre qui s'inscrit dans la lignée des deux précédents qui se déroulent dans le même univers (L'Assassin Royal et les Aventuriers de la Mer). Si ces suites de livres peuvent être lues indépendamment il est en revanche indispensable d'avoir lu les deux précédents volumes pour s'y retrouver. 
 
En bref : alors que Fitz, en deuil de son épouse commençait enfin à bâtir une vrai relation avec son étrange petite fille, les catastrophes lui sont tombées dessus à la pelle. La réapparition du Fou, son meilleur ami dont il était sans nouvelle depuis des années aurait pu être une joie. Sauf que ce dernier a été torturé et mutilé avant de parvenir à chercher le secours de Fitz en se traînant lamentablement. Pendant l'opération de sauvetage désespérée de son corps brisé, Fitz n'était pas chez lui. C'est le moment qu'on choisit une bande de mercenaire escortant d'étranges individus blanchâtres pour piller, violer et tuer ses gens. Abeille la fille de Fitz est capturée, tout comme Évite la jeune femme que son mentor Umbre l'avait chargé de protéger. L'ancien assassin a tenté de se ranger et de vivre tranquillement sa vie. Il a échoué. Maintenant l'heure est venue pour lui de redevenir l'arme qu'il était.
 

Là où les deux précédents tomes (l'unique en anglais) faisaient office d'introduction pour ce nouveau cycle, reprenant les aventures de Fitz des années après la dernière fois qu'on l'avait quitté, cette fois-ci, c'est indubitable, l'action est lancée.
 
Comme toujours avec Robin Hobb, c'est un tome chargé d'émotions, et notamment beaucoup de peines et de souffrances. Fitz a toujours eu une légère tendance à l'apitoiement (il faut dire qu'il en a vécu de dures), mais là on a touché aux deux choses les plus précieuses qu'il lui restait.
 
Le Fou, ancien Prophète, ami de jeunesse, plus qu'un frère d'aventure et a peine moins qu'un amant n'est plus qu'une loque. Rendu aveugle, écorché, brisé physiquement et psychologiquement, il est venu réclamer l'aide de Fitz. Il faut détruire l'école de Prophètes corrompus qui lui a infligé cela, massacrer ses membres qui élèvent depuis des siècles les siens comme de chiens pour mieux profiter de leurs dons de voyance.
 
De son loup, Œil de Nuit, Fitz a conservé le côté sauvage et possessif. Le kidnapping de sa petite Abeille le rend fou. La culpabilité de n'avoir pas été là cède bien vite place à la colère et la haine. La mission du Fou peut attendre. Le royaume lui-même aller au diable, dès qu'il reniflera une piste il se lancera à sa rescousse, et gare à quiconque se mettra sur son chemin.
 
Malgré toutes ces émotions négatives, c'est l'un des romans les plus portés sur l'amour qu'il m'ait été de lire. Non pas celui que chantent les bardes, mais l'amour sous toutes ses autres formes. Les liens entre Fitz, sa fille et le Fou sont extrêmement fort. Mais aussi avec le Prince Devoir et surtout la reine Kettricken. Amie et reine de Fitz depuis vingt ans elle sera toujours là pour le soutenir dans les moments les plus sombres. Même le vieux Umbre, mentor assassin de Fitz dévoile qu'Évite est en fait sa fille bâtarde (un schémas qui se reproduit dans la famille). Et elle aussi a été enlevée en même temps qu'Abeille. Noyau de bonté au milieu du cauchemar qu'est leur monde, la famille Loinvoyant et ses affiliés se tiennent les coudes. C'est bien fait et c'est magnifique à lire.
 
Cependant rien n'est joué, car si Fitz écope de deux missions aussi vagues qu'urgentes et chères à son cœur, il n'a plus ses talents d'autrefois. L'inaction a fini par rouiller ses réflexes meurtriers, et il n'est plus au courant des manigances politiques. Il va lui falloir reprendre du service actif, ce qui ne se fera pas sans difficultés !
 
Si le dernier tome nous avait laissé sur notre faim avec plusieurs mystères, bon nombres voient ici leur réponses exposés. De la fille secrète d'Umbre, en passant par les malheurs du Fou, les manipulations des Prophètes Blancs et la nature des kidnappeurs d'Abeille... on y voit nettement plus clair dans ce qui se trame. En ajoutant relativement peu de nouveaux personnages (comme Braise la sympathique travestie) ou en en ramenant sortis du tout premier cycle (comme Gantelée, ancienne capitaine de la garde) - Robin Hobb a su relancer une saga dont tous pronostiquaient qu'elle allait finir par s'épuiser. C'est raté pour cette prédiction : les personnages sont toujours aussi attachants, y compris plusieurs de ces nouveaux. Particulièrement les femmes du récit qui sont toutes sans exceptions de sacrés personnalités encadrant Fitz. Parfois même le recadrant quand il va trop loin.
 
Le moment qui m'a le plus touché apparaît rapidement dans le tome et change radicalement la donne. Grâce à la Reine Kettrichen son nom est enfin lavé. Lui qui a passé toute sa vie conspué, comme s'il était un monstre infâme coupable des pires crimes est reconnu innocent. Mieux, il réintègre officiellement sa famille et devient prince (majoritairement) adulé. Le pauvre est totalement déstabilisé. C'est un voile de secrets, de peines et de rancœurs qui est levé d'un seul coup. Un choc pour lui, ses proches et tout le royaume. Le Bâtard au Vif est de retour. Le guerrier célèbre et serviteur de feu le roi Vérité est revenu. Le Catalyseur des prophéties, l'artisan de la chute des Pirates rouges et du retour des dragons est exposé au grand jour. 
 
Que fait un assassin vétéran quand on lui donne de la popularité, des responsabilités royales et une image publique ? Il s'améliore encore pour mieux mentir et mener la double-vie nécessaire pour sauver ceux qu'il aime.

Publié dans Fantasy, Hobb, Favoris

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