Les cavernes d'acier

Publié le par Fred

Asimov les cavernes d'acier - les robotsLes Cavernes d'Acier est un roman de Science-Fiction d'Isaac Asimov qui s'inscrit dans la continuité de son cycle les Robots.
 
En bref : l'humanité à colonisé il y a quelques siècles de nouvelles planètes. Avant-gardistes et perfectionnistes, ils forment désormais une puissance technologique redoutable, ce sont les Spatiens. Sur Terre, on les haït. Parce qu'eux ne vivent pas dans d'immenses cité cloîtrés sans jamais voir le ciel, parce qu'ils ne sont pas victimes d'une surpopulation écrasante, à cause de leur perfection génétique, et plus que tout parce qu'ils utilisent des robots. Dans cette société oppressée par des voisins si manifestement supérieurs, Elijah Baley est un détective de milieu de classe. Un jour on lui confie l'impensable : une enquête sur le meurtre d'un éminent Spacien. Pire, on lui assigne comme coéquipier (et surveillant) Daneel, un robot. Et pas n'importe lequel en plus, un tout nouveau modèle qui imite à la perfection ses concepteurs humains. S'engage alors une course entre Baley et son associé robotique : ne pas résoudre le meurtre avant l'autre serait non seulement une injure de plus à son honneur, mais la preuve irréfutable qu'on peut remplacer même des enquêteurs comme lui par des machines...
 

Ce roman est écrit en 1954, pourtant il reste surprenamment d'actualité ! Les parallèles commencent à être frappant quand on regarde les problèmes qu'affronte la veille Terre malmenée d'Asimov. Surpopulation, épuisement progressif des ressources naturelles, industrialisation massive, production de logements, de vêtements et même de nourritures synthétiques à bas prix. Son pronostique de dix milliards d'humains atteignant les limites du possible, vivant dans leurs cités sans jamais en mettre un pied dehors, avec un niveau de vie sans cesse abaissé pour faire face aux difficultés... tout cela est peut être exagéré. Mais pas tant que ça !
 
Quand aux problèmes sociaux, impossible de les manquer : peur de l'étranger, peur que la société vous laisse derrière, peur de perdre son emploi et sa position. L'ambiance est malsaine à souhait...
 
Dans ce milieu très défavorable, on suit pas à pas Baley dans son enquête, et dans l'évolution de ses rapports aux Spatiens, incarnés par leur idéal robot qu'est Daneel. Au travail, mais aussi au sein de sa propre famille, Baley va petit à petit remettre en question toute la société dans laquelle il vit, ses habitudes et même ses coutumes les plus profondément ancrées. Une évolution intéressante à suivre dans cet interlude dystopique dans l'œuvre de SF d'Asimov.
 
Je relève deux petits défauts qui m'agacent malgré tout. Tout d'abord il y a un peu trop de manichéisme à mon goût. Les Terriens ne sont pas vraiment "méchants", juste, bêtement, humains. A cotés les Spatiens font vraiment figure d'êtres supérieurs, ce qui justifie leur condescendance. Heureusement ce sera beaucoup moins le cas quand Asimov détruira cette image dans Face aux Feux du Soleil, tome suivant de la saga.
 
Le vrai défaut selon moi c'est l'envie qu'à eu Asimov de nous surcharger de coups de théatre. Beaucoup sont annoncés par les personnages ou même les titres de chapitres, et au final bien peu sont réussis. Baley est sympathique sous ses airs de Terrien grognon sur la défensive comparé à Daneel le parfait, mais on a un peu trop l'impression qu'il tente sa chance au pif pour faire avancer l'enquête.
 
En conclusion, si les Cavernes d'Aciers est loin d'être le meilleur roman d'Asimov niveau intrigue, il n'empêche qu'il reste un précurseur de la SF avec sa société impactée par la technologie et les robots. Refusant toujours le mythe sans cesse ressorti du robot se retournant contre l'homme (oui, I, Robot, c'est de toi dont je parle), il s'impose néanmoins en prophète tirant le signal d'alarme sur quelques unes des facettes les plus inquiétantes de notre société moderne. Une fois encore, ça devient une habitude chez lui !

Publié dans SF, Asimov

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