Quand Star wars était encore bon...

Publié le par Fred

Aujourd'hui, on aborde le deuxième tome de la Croisade Noire du Jedi fou, écrit par Timothy Zahn, j'ai nommé La Bataille des Jedi. Un des (rare) bon bouquins de l'univers étendu Star Wars et un bon bouquin de SF tout court. La critique du premier tome est disponible ici, et vous connaissez la formule : blabla bla, attention spoiler, bla bla !
 
En bref : le Grand Amiral Thrawn, un génial stratège extra-terrestre est sur le point de redresser l'Empire à lui tout seul. Parmi ses bottes secrètes : un bouclier d'invisibilité, une fabrique de clones datant des vieilles guerres cloniques, et surtout Joruus C'Baoth un maître Jedi. Ou plutôt le clone cinglé d'un maître Jedi. Pour s'acheter sa loyauté, Thrawn lui a promis de lui livrer la famille Skywalker au grand complet pour "modeler" leur esprits à sa guise. Luke est attiré par les rumeurs que C'Baoth a fait courir à son compte, tandis que Leia se jette dans une mission suicidaire sur la planète mère des Nogris qui forment les commandos d'élite qui ont tenté plusieurs fois de la kidnapper. Quant à Yan Solo, il refait équipe avec Lando Calrissian pour une enquête sur une mystérieuse flotte disparue. Deux cents cuirassés lourds abandonnés dans l'espace ça fait une récompense de taille pour quiconque se lance à la chasse au trésor. Dans le même temps Talon Karrde et Mara Jade les contrebandiers anciennement neutres se retrouvent obligés de prendre parti pour le meilleur et pour le pire.
 

Le plus gros reproche que j'entend à propos de la trilogie de Timothy Zahn, et ce tome en particulier, c'est que le rythme est trop lent. Ce qui me fait doucement rigoler. Soyons direct, ceux ayant cette opinion se nourrissent généralement exclusivement d'adaptations de jeux vidéos et autres, du style Warhammer et Wow. On peut tout à fait aimer ces jeux, mais globalement ça se résume à "tout le monde tape sur tout le monde" à un moment donné. Donc, oui, la bataille des Jedi est un roman au rythme lent comparé à ça. C'est sans doute parce qu'il a un scénario et un brin de développement de personnages. Quelle honte ! S'il n'est pas exempt de défauts (un peu trop de coïncidences) il reste très bon, et notamment à des années-lumière de la plupart des romans de l'univers étendu.
 
Parmi les points forts du livre le plus important ce sont les personnages. On retrouve certes la clique habituelle de héros qui nous sont cher, mais également d'autres tout aussi intéressants.
 
Par exemple, le Grand Amiral Thrawn et son génie militaire sont très bien rendus. Enfin un impérial avec un cerveau, des plans élaborés et même quelques uns de secours. Tout ne se passe évidemment pas toujours selon ses plans (la faute à Yan, Luke et Leia le plus souvent), mais il réfléchit sur le long terme et s'adapte. Par exemple il établit plusieurs méthodes pour capturer spécifiquement des Jedi - la méthode j'envoie plus de Stormtrooper incapables de tirer droit ne fonctionnant pas. Mieux, avec son redoutable allié maître Jedi il établit des stratégies reposant sur la Force et la subtilité. Bien sûr, les négociations avec un Jedi fou sont toujours compliquées...
 
Mara Jade avait pour mission postume par son maître l'Empereur de tuer Luke Skywalker. Sa haine n'a pas diminué, mais elle a été contrainte de s'allier temporairement avec lui dans le précédent tome. Pour ne rien arranger son passé d'agent impérial la rattrape et elle est obligée de vendre la mèche : son patron Karrde connait l'emplacement de la Flotte Katana. Ne reste plus qu'à le convaincre de vendre l'information à l'Empire, ou d'en assumer les conséquences...
 
Les Nogris sont un peuple primitif qui vivait isolé du reste de l'univers. Un peu comme les Eworks en fait. Sauf qu'eux sont des tueurs impitoyables bardés de griffes et de crocs passés maîtres dans le maniement des armes blanches, pas des ours en peluches ridicules. Quand leur planète a été victime d'une catastrophe - dommage collatéral d'une bataille spatiale - ils n'ont du leur survie qu'à Dark Vador et l'Empire. En échange d'un peu d'aide et de technologie, ils paient leur dette en formant des commandos d'élite au service de l'Empire. Vouant un culte à Vador, ils sont incroyablement efficaces. malgré tout se mesurer à Leia et Chewbacca ne leur a pas réussi précédemment. Apitoyée par leur sort (et décidée à sauver sa tranquillité face aux incessantes attaques de commandos), Leia décide d'improviser une mission diplomatique en allant sur leur monde pour les retourner contre l'Empire. Elle est la fille de Vador après tout !
 
Mon coup de cœur est pour Mara Jade, un personnage ambigu : forcée de retourner plusieurs fois sa veste en même temps que de changer ses opinions, elle oscille constamment entre son passé, ses nouvelles loyautés et les pressions qu'on lui fait subir. Des fois ça donne des trucs étranges dans le style : "Bonjour Luke, j'ai essayé de te tuer dans le précédent tome. Je te hais et j'ai toujours envie de te tuer, mais euh... plus tard, car là j'ai besoin de ton aide". Bon, c'est certainement moins drôle de son point de vue, avouons-le !
 
Alors évidemment, avec ces personnages en plein développement, on se rend compte qu'il s'agit d'un tome de transition entre le premier et la conclusion (qui s'annonce épique). On est moins déboussolé que dans le premier car on s'habitue à ce nouveau contexte et ces nouveaux personnages, on s'y attache même, mais on se doute bien que le grand final fera monter les enjeux.
 
Pourtant on trouve beaucoup de bon dans ce tome. De l'action, quoi qu'en disent les mauvaises langues, des liens forts entres les personnages, une bataille spatiale finale épique, des contrebandiers magouilleurs à souhait, des clins d'œils à la saga originale (en la respectant, fait rare), de bons méchants, une infiltration à bord d'un destroyer impérial, les prémisses d'une révolution et même des complots politiques.
 

Publié dans SF

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