La Nef du Crépuscule

Publié le par Fred

couverture assassin royal - nef du crépusculeLa Nef du Crépuscule est le troisième tome de la saga best-seller L'Assassin Royal. Son auteure, Robin Hobb, nous narre ici un très bon roman de fantasy parmi mes préférés. La série commence ici, et on peut également trouver le précédent tome là. Comme d'habitude je ne spoilerai "que" les précédents tomes.
 
En bref : Fitz est temporairement passé du statut de bâtard assassin dans l'ombre pour sa royale de famille à celui de combattant pur et simple. C'est que les choses se sont trop compliquées pour qu'on ait besoin de ses subtils talents. Enfin au moins en apparence. En effet, les raids des Pirates Rouges sur les côtes des Six-Duchés se sont intensifiés, devenant progressivement une invasion en règle, nettoyant par le feu les terres qu'ils ne peuvent tenir. La guerre s'intensifie et prend une tournure de bataille navale continue. Le meilleur espoir de survie semble être le recours aux Anciens. Le Prince Vérité veut aller chercher l'aide de ce puissant peuple magicien, malgré le fait qu'ils aient disparus depuis des siècles. Une expédition dangereuse qui le pousse à aller à l'autre bout du monde, abandonnant les siens à son demi-frère ambitieux. Le mal nommé Royal ne voit en sa famille que des obstacles à sa gloire personnelle. Il ne rêve que de s'en débarrasser par tous les moyens, particulièrement les bâtards gênants...
 

Initialement on se dit que les choses ne vont pas si mal pour Fitz. Après tout, il file le parfait amour (en secret) avec Molly qu'il courtisait sans s'en rendre compte depuis l'enfance. Le Prince Vérité voit maintenant en lui un jeune homme loyal sur qui s'appuyer pour des tâches importantes ; il lui confie des responsabilités tout en veillant sur lui comme le père qu'il n'a jamais eu. Mieux, on ne lui demande presque plus d'accomplir de sales besognes pour le royaume, mais de se battre honorablement pour son peuple, ce qui allège grandement sa conscience. Kettrichen, l'épouse d'origine étrangère de Vérité le prend même pour confident et ami tandis que croît son importance.
 
Au passage voilà pour le coup une femme forte comme on en a trop rarement en fantasy et d'une grande bonté. J'ai d'habitude du mal avec les gens trop "bons" parce qu'ils virent trop souvent à la naïveté stupide et se font manipuler. En particulier chez les femmes qui sont trop souvent des gourdasses uniquement là pour être sauvées. Mais l'auteurE sait manier sa plume, et ici ce personnage est résolument féminin, intéressant et on voit se bâtir les fondations d'une belle amitié entre elle et Fitz qui durera des années. Des personnages très proches, sans verser dans les travers trop prévisible d'une telle amitié. Rien a dire, c'est beau et bien fait.
 
Mais alors quoi ? Robin Hobb a elle virée fleur-bleue pour nous délivrer une histoire proprette et joyeuse ? Eh bien non, non et NON. Absolument tout le reste dans cette histoire va de travers. On a déjà cité la quasi-certitude d'une défaite face à l'invasion des Pirates Rouges et de de l'ambition de Royal, mais on n'a fait qu'effleurer le sujet. Ce dernier notamment est incontestablement l'enfoiré superficiel, fourbe, manipulateur égoïste le plus couronné de succès qu'il m'ait été donné de le lire. Même sans les autres problèmes il pourrait causer la fin du monde à lui tout seul. Un vrai plaisir de le haïr, un genre de Joffrey Lannister en moins gamin et plus vicelard.
 
A cela on rajoute une flopée de problèmes, comme de bonne vieille magouilles politiques dans un royaume composés de duchés dont chacun veut faire bande à part et laisser les autres se débrouiller avec leurs problèmes. Le tout surveillé par un souverain (grand-père de Fitz) dont la santé mentale a amorcé une descente aussi finale que rapide. Il faut rajouter aussi le fait Fitz cumule bien trop de status divergents. Il est bâtard royal - et donc une menace potentielle pour le trône et source de haine. Évidemment un assassin - forcé de reprendre du service bon gré mal gré. Un utilisateur du Vif - cette magie honnie qui lie Fitz à Œil de Nuit, son badass de loup compagnon - de l'Art, cette magie autorisée cette fois mais aussi dangereuse pour son utilisateur que pour les autres, un guerrier, ami et amant... Fitz garde beaucoup de secrets, pour ses multiples rôles et identités et tout va lui sauter rapidement à la figure.
 
J'adore ce livre, les personnages ont pris toute leur ampleur (coup de cœur pour Kettrichen et Œil de nuit) et les aventures passionnantes. Mais soyez avertis, on est dans du Robin Hobb pur et dur, ce qui signifie beaucoup de doutes et d'atermoiements de la part de notre pauvre Fitz. Sa situation empire régulièrement en même temps que le monde autour de lui. C'est simple a ma première lecture voilà des années j'ignorait qu'il existait une suite et j'ai failli finir en dépression. Bon sur le papier je me rend bien compte que c'est pas un argument très vendeur. Malgré tout, lisez le, ce livre est excellent à tout points de vue, s'il met la plupart de ses lecteurs à genoux, c'est bien parce que l'immersion est totale ! Que la situation soit toujours plus désastreuse n'est qu'un détail annexe !
 
La suite des aventures de Fitz dans Le Poison de la Vengeance.

Publié dans Fantasy, Dark, Favoris, Hobb

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