Face aux feux du soleil

Publié le par Fred

couverture face aux feux du soleil - asimov - les robotsFace aux feux du soleils est le quatrième tome du Cycle des Robots, d'Isaac Asimov. Comme la majorité des œuvres de l'auteur, elle peut être lue indépendamment des autres, le contexte SF est suffisamment rappelé pour ne pas perdre tout nouveau lecteur.
 
En bref : Baley est inspecteur sur la vieille Terre, tandis que les colonies Spaciennes s'écartent chaque jour plus de leurs ancêtres Terriens. Hautement évolués, les Spaciens ont basés toute leur technologie sur l'utilisation de robots. Leur société a entièrement changée, au point que le jour ou se produit un meurtre sur Solaria, c'est à Baley que l'on fait appel. Après trois siècles sans crimes sur le plus isolationniste des mondes, personne n'a la moindre idée de comment procéder. Baley ayant déjà enquêté dans le passé pour les Spaciens (voir les Cavernes d'Aciers), il est l'enquêteur parfait. Accompagné de son acolyte, le robot quasi-humain Daneel, il abandonne la seule planète qu'il ait jamais connue pour se rendre sur Solaria. Très vite il apparaît que le meurtre lui-même n'est peut être qu'un rouage au sein d'une conspiration d'envergure, prête à semer de nombreux cadavres pour masquer ses buts et son existence...
 

De mon point de vue, Face aux Feux du Soleil est une suite cohérente et même meilleure que Les Cavernes d'aciers. Là où ce dernier introduisait la culture Terrienne transformée, devenue incroyablement grégaire à cause d'une supropulation, le tout accompagné d'une bonne dosse de haine envers les robots, ce nouveau tome prend le contre-pied. D'abord l'aventure se passe sur Solaria qui est à l'extrême opposée du spectre de la Terre du futur selon Asimov. La planète est sous-peuplée, ses habitant vivent plusieurs siècles dans un luxe incroyable avec des milliers de robots exauçant leur moindre désirs. Le paradis de la décadence en somme.

Si le prétexte reste le même - une enquête pour meurtre et des robots au cœur du problème - en revanche tout le reste change, et souvent pour le mieux. A commencer par Baley, il fait preuve de sacré initiatives (parfois stupides, mais toujours braves), n'hésite pas à marcher sur les pieds de ses interlocuteurs pour parvenir à des résultats et réussi même à s'entendre avec son robot-trop-humain de collaborateur.
 
Comme souvent, Asimov introduit plus qu'une touche de sociologie dans son univers SF. On voit bien qu'au delà des gadgets technologiques futuristes, ce qui l'intéresse ce sont les gens et la façon dont ils ont changé en conséquence. Ce tome pourrait même être qualifié de duel des psychoses tant il oppose des mentalités perturbées très différentes. D'un côté, l'archétype de l'agoraphobe, habitué à vivre dans des cavernes, presque entassé sur ses congénères, de l'autre des Solariens vivant dans l'isolement le plus complet. Les gens se visionnent à distance à l'aide d'hologrammes et ne se rencontre plus jamais en personne. Les enfant sont sélectionnés à la naissance dans des fermes et progressivement désensibilisés au contact humain... un vrai monde de fou.
 
Quand Baley débarque sur Solaria, il tente de lutter contre ses propres complexes tout en cherchant à tout pris à connaître les Solariens pour mieux les comprendre et résoudre son enquête. Quand l'épouse de la victime (et principale suspecte du meurtre) est une jeune femme séduisante très intéressée par les Terriens, il n'est pas évident de rester objectif. D'autant que le reste de la population le considère comme un barbare (sale et malade en plus) qui devrait décamper de la planète au plus vite. 
 
Le style d'Asimov est toujours aussi précis et descriptif, ce qui peut déplaire mais ne m'a pas dérangé outre mesure. Hormis Baley, les autres personnages sont peu développés, ce qui est un peu dommage, mais après tout le livre est assez court. Il se lit d'ailleurs vite et l'intrigue m'a tenue en haleine : c'est un bon livre de SF qui n'a pas vieilli !

Publié dans Fantasy, Asimov, SF

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