Hors Série : Watchmen

Publié le par Fred

(Version audio disponible en fin d'article, à vos risques et périls)

Aujourd'hui je me suis levé avec l'idée saugrenue de pondre un article particulier puisqu'il s'agit d'un hors-série sur un film contrairement à d'habitude. Ce film, c'est l'excellent Watchmen : les Gardiens de Zack Snyder : un récit de super-héros très atypique sorti en 2009 et pour moi le meilleur à ce jour. Je précise que généralement je n'aime pas les comics (bouhou !) et que j'ai découvert l'univers de Watchmen avec ce film. Mettons de ce pas l'objectivité à la poubelle et rentrons joyeusement dans le vif du sujet.

Une introduction tout en musique sur un morceau de Bob Dylan plante le décors. Depuis les années 1940 des justiciers masqués ont fait leur apparition, faisant la loi quand la police était impuissante. D'abord acclamés et célébrés dans la presse, ils sont progressivement désavoués. Par le gouvernement d'abord (pour leur manque de contrôle et leurs excentricités) et par le public ensuite qui s'inquiète de leur côté intouchable. Une fois la seconde guerre mondiale gagnée et l'exaltation retombée, une crise morose s'installe et nous sommes désormais en pleine Guerre Froide.

Notre histoire commence donc en 1985 avec l'assassinat du Comédien sur une musique... inoubliable. Pour clarifier un peu le contexte, le Comédien c'est le nom d'un barbouze retraité ayant servi dans à peu près toutes les guerres américaines et dans les missions les plus moralement ambiguës - pour ne pas dire les opérations spéciales de type "boucheries". Un dur et une ordure, donc. Il faisait partie d'un groupe de justiciers dans le temps, d'où le surnom. Après s'être fait rossé, il traverse une fenêtre d'un gratte-ciel et c'est ainsi que débute ce film de 3h dans sa version extended-cut. Accrochez vous, ce film bâti à lui tout seul tout un univers.
Le Comédien, personnage tout en subtilité respirant la joie de vivre
Rorschach était autrefois membre du même groupe de justiciers masqués que le Comédien. Mais là où les autres se sont rangés, lui est bien décidé à continuer sa tâche de purification des rues en éradiquant la vermine. Ai-je oublié de précisé de Rorschach est fou ? Ce gosse à l'enfance difficile a vu les pires horreurs en enquêtant dans les bas-fonds. Irrémédiablement, complètement cinglé, il a donc décidé de s'occuper du nettoyage sous un masque, seul contre tous si nécessaire. La mort du Comédien attire son attention, et très vite il s'aperçoit qu'un complot semble être à l'œuvre : quelqu'un tue systématiquement tous les anciens justiciers. Rapidement, il fait donc le tour de ses anciennes connaissances pour monter une équipe et résoudre le mystère avant qu'on leur règle leur compte. On trouve dans le tas un génie multi-milliardaire, un monsieur-tout-le-monde qui à la nostalgie du bon vieux temps, une jolie femme en combinaison latex, et surtout un drôle de bonhomme bleu.

Il s'agit là du troisième "héros" de notre histoire : le Dr Manhattan. Suite à une expérience scientifique ayant mal tournée (comme par hasard), il s'est vu... transformé. Seul de tous les "justiciers" il a véritablement des pouvoirs. Il contrôle la matière, peut changer de forme, de taille, se dupliquer, démonter ou détruire tout ce qu'il veut d'un simple regard. Il voit même le passé et le futur, à ce stade c'est quasiment un dieu. En fait dans cette version dystopique de notre monde, c'est lui la raison pour laquelle la guerre entre les États-Unis et le Bloc Soviétique n'a pas éclaté. C'est lui l'arme de dissuasion suprême. C'est lui l'organe militaire, politique et culturel qui maintient le monde en morceau... et qui de plus en plus s'en moque.

Car si le Dr Manhattan est tout puissant, il s'éloigne sans cesse de nous autre pauvres êtres humains. De sa puissance vient son indifférence et là réside le véritable danger. Entre les déboires de cet être plus qu'humain qui tente de sauver le monde, la menace de la guerre froide qui plane et des meurtres de justiciers masqués, voilà qui fait un scénario à la hauteur de mes attentes !

"La vie est un phénomène très surfait". Dixit Dr Manhattan l'indifférent
Watchmen est pour moi le meilleur film de super-héros et pour cause, j'ai adoré quasiment tous les ingrédients qui en font sa recette. J'ai déjà parlé de la musique, toujours excellente qui baigne l'œuvre tout entière. Outre le précité Bob Dylan on à droit à du Jimi Hendrix, du Léonard Cohen, sans oublier des titres comme "The Sound of Silence" et même "la Chevauchée des Walkyries". L'esthétique visuelle est également très travaillée, du grandiose au froidement épurée, de nombreux plans s'imposent et sont mémorables.
 
L'histoire, bien qu'assez longue est pourtant très prenante. Elle est racontée par la voix-off de Rorschach le cinglé ce qui ajoute un piment certain à l'ensemble. A l'aide de flash-back bien placés on découvre petit-à-petit l'ordure qu'était le Comédien, ce qui fait que bien que mourant dans l'ouverture il reste un des personnages principaux du film. On découvre aussi la déchéance progressive du statut d'humain de Manhattan après sa transformation. Finalement, ces trois anti-héros sont les véritables piliers du film. Incompréhensibles chacun à leur manière ils nous déstabilisent constamment avec leur humour noir, leur passion folle de justice ou leur logique glaciale.
 
Je n'ai pas lu les comics, mais on m'assure que le film leur reste assez fidèle dans l'ensemble, sauf pour la fin. En l'occurrence, et sans spoiler, ça ne m'a pas dérangé bien au contraire. Les enjeux sont de plus en plus élevés au fur-et-à-mesure que la trame des complots se met en place et le final est assumé jusqu'au bout. Comme le dit si bien Rorschach, "pas de compromis même face à l'apocalypse".
 
De part ses excentricités, Watchmen : les Gardiens peut rebuter. L'univers est extrêmement stylisé, visuellement et musicalement, jusqu'aux dialogues mêmes. Un scénario parfois compliqué, avec beaucoup de personnages dans un film volontairement plongé dans une malsaine mélancolie nostalgique, ça peut perturber. Seulement - quand c'est bien fait - le résultat est un film réussi, un pavé remarquable dans la mare des films de super-héros modernes qui par comparaison font office de fast-food.
 
Pour profiter au mieux du film, je recommande de le voir en VO. Cela dit, si vous êtes allergiques à la langue de Shakespeare la version Québécoise est très bonne, il faudra donc la préférer à la VFF. 
 
En conclusion, et au cas où je n'ai pas été assez clair jusqu'à maintenant : allez voir ce film plutôt que de traîner sur mon blog !

Bande annonce VOSTFR

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Publié dans Hors-serie, Favoris, Films

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