Alexandre le Grand

Publié le par Fred

Alexandre le grand et les aigles de rome - Javier Negrete
Aujourd'hui on parle d'Alexandre le Grand et les Aigles de Rome, une uchronie de la grande époque hellène écrite par Javier Negrete.
 
En bref : nous sommes en 323 avant J-C, Alexandre le grand a conquis un immense empire qui recouvre plus de la moitié du monde connu. De l'Egypte à l'Inde en passant par l'immense empire Perse, tous lui doivent allégeance et il a quasiment atteint le statut de dieu vivant. Le prix c'est que devant tant de succès et d'opulence il est devenu un tyran décadent, un ivrogne violent qui tue ses proches sur des caprices avinés. Un de ses généraux Perdiccas, ainsi que Roxane la femme d'Alexandre complotent et l'empoisonnent. Alexandre meurt, fin de l'Histoire.
Sauf qu'ici un étrange médecin sans passé du nom de Nestor arrive à l'improviste et sauve le tyran. Quelques années passent, Alexandre se reprend en main et décide de poursuivre sa conquête du monde. Le prochain morceau est de taille puisqu'il s'agit de la puissante Rome et ses légionnaires !
 
A partir de l'histoire d'un des plus grand conquérants que le monde ait jamais connu, Javier Negrete établit tout son roman autour de sa survie improbable puis de sa confrontation avec ce qui allait devenir un autre des plus puissants empire ayant existé. Pour cela il se permet de réarranger la chronologie quelque peut, puisqu'on retrouvera parmi ses adversaires des personnages tels que Caius Julius César lui-même (encore à ses débuts).
 
Cela dit, une des grandes forces de ce livre c'est sa surprenante exactitude historique - passé le postulat de base bien sûr ! On sent bien que l'auteur s'est livré à des recherches approfondies sur son univers. Évidemment le côté martial est fièrement représenté, avec des descriptions fourmillants de détails sur les armées, les stratégies employées, les équipements et même la logistique. Tout cela contribue au réalisme militaire de l'ensemble, mais c'est loin d'être la seule facette. 
 
On en apprend en effet beaucoup sur les cultures greco-latines, leurs similitudes et différences. De la politique à la religion en passant par le système des classes en vigueur... et même des détails sur leur prétendue supériorité face aux "barbares" qui les entourent. C'est un conflit sur bien des tableaux qui oppose deux civilisations ayant brillé sur le monde.
 
Les personnages sont un autre des gros points fort du livre. Il y a bien sur Alexandre et ses facettes (tyran, héros, alcoolique colérique, patrons des arts et sciences, homme bon ou impitoyable). Un jeune César encore en début de carrière fait un alter-ego très intéressant. Nestor le médecin savant qui a tout oublié de son passé est également sympathique, tout comme la pauvre Cléa (une autre femme d'Alexandre), le général Perdiccas et même quelques simples soldats. Tous ont leur histoire, leurs motivations et sont prêt à s'entre-déchirer pour la survie, l'honneur ou la soif de pouvoir.
 
Ce roman est quasiment un livre d'histoire finalement. Riche en détails, en conflits politiques et militaires et avec plus que son quota d'histoires d'amours et de jalousie vénéneuses. Si c'est une force, c'est également une faiblesse puisque le livre est en conséquence un petit pavé rempli de noms propres à retenir. Beaucoup de personnages, de lieux, de peuples mêmes qui rendent l'abord assez difficile au lecteur occasionnel. Personnellement cela ne m'a pas dérangé (étant familier et passionné par ces périodes de l'histoire), mais ce n'est clairement pas un livre qu'on peut se permettre de lire par sessions de 20 minutes !
 
L'action est assez présente dans le livre, mais pas autant qu'on aurait pu l'attendre au vu du synopsis purement d'ordre militaire, et c'est tant mieux. En revanche, la conclusion est assez explosive et rapide. Elle conclu un certain nombres d'intrigues (parfois un peu vite) y compris l'intrigue principale - ouf ! Cependant, l'auteur nous laisse sur notre faim concernant l'une des intrigues les plus importantes de son monde, et c'est d'autant plus dommage qu'il s'agit là d'un roman indépendant de tout cycle !
 
J'ai malgré tout bien aimé, Alexandre le Grand et les Aigles de Rome, qui m'a rappelé avec plaisir mes souvenirs de La Mort des Nations de David Gemmel, en plus lyrique et plus posé. Finalement, c'es un bon roman pour découvrir l'auteur.

Publié dans Fantasy

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